Avenir de l'OTAN
J Jean-Marie BockelUC Sénateur — Haut-RhinLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 14/11/2019Mme Florence Parly, ministre des armées. Monsieur le sénateur, lorsque le Président de la République a évoqué la mort cérébrale de l'OTAN, cela ne signifiait pas la mort de l'OTAN. (Rires et exclamations ironiques sur de nombreuses travées.) Cela signifiait que nul ne peut ignorer la crise que traverse l'organisation.
Sur un plan strictement militaire, les choses fonctionnent : l'OTAN est un outil robuste qui permet de planifier, de standardiser et d'interopérer. Mais cela ne doit pas cacher l'essentiel : il y a un doute sérieux sur la garantie de sécurité américaine et, partant, sur l'article 5 du traité ; il y a aussi un questionnement profond sur la solidarité alliée, quand les Turcs attaquent ceux qui luttent contre Daech ; il y a enfin, vous l'avez dit, une insuffisance criante des efforts de défense des Européens, qui pourtant devraient constituer leur propre pilier au sein de l'Alliance.
On ne peut pas se satisfaire de cette situation. La volonté du Président de la République est d'alerter, à la veille du sommet de Londres : l'OTAN est la pierre angulaire de la sécurité et de la défense européennes, mais elle doit s'adapter, en profondeur. Le chef de l'État s'en est entretenu avec le Président des États-Unis, avec lequel des convergences existent ; ils sont convenus de se revoir avant le sommet de Londres.
Monsieur le sénateur, l'OTAN a déjà connu un certain nombre de crises, et il ne faut pas s'en apitoyer ; au contraire, il est sain pour une organisation de se repenser. Ce que nous proposons, c'est de lancer, avec les alliés, une vraie réflexion stratégique sur l'avenir de l'Alliance et la force de nos engagements en son sein. Nous ferons prochainement des suggestions précises à cet effet. (Applaudissements sur des travées du groupe LaREM.)
M. le président. La parole est à M. Jean-Marie Bockel, pour la réplique.
M. Jean-Marie Bockel. Le risque, lorsque l'on tape fort sans plan alternatif et partagé, c'est toujours celui du coup d'épée dans l'eau. Comme l'a dit le sage Pierre Vimont, ambassadeur de France, Emmanuel Macron a sans doute eu tort sur la méthode, car il aiguise la critique habituelle sur l'arrogance française ; mais il a raison sur le fond : tout le système européen – OTAN comme Union européenne – est à bout de souffle et doit se repenser stratégiquement. Nous avons du pain sur la planche ! (Applaudissements sur les travées du groupe UC, ainsi que sur des travées du groupe Les Indépendants.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Jean-Marie Bockel
Conséquences de la crise sanitaire liée au Covid-19 sur les radios indépendantes
Territoires, mesures sanitaires et responsabilité pénale des employeurs
Dispositif de pension afférente au grade supérieur
Assassinat de Sarah Halimi et irresponsabilité pénale