Industrie automobile
P Philippe DominatiLes Républicains Sénateur — ParisLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 21/11/2019Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'économie et des finances. Monsieur le sénateur Dominati, vous avez raison, les deux dossiers que vous évoquez, l'investissement dans une usine de batteries électriques, d'une part, ou l'investissement dans une usine de Tesla, d'autre part, montrent l'importance de mener une politique d'attractivité sur le territoire français.
En termes d'attraction des projets industriels et de R&D, je citerai les chiffres, tout simplement, sans me limiter à quelques cas qui, s'ils ne sont pas anecdotiques, car importants, ne traduisent néanmoins pas la réalité de la situation.
En 2018, Ernst & Young (EY) indiquait que la France accueillait plus de 330 projets d'investissements industriels, là où la Turquie, en deuxième position, en recevait environ 200 et l'Allemagne, que vous avez citée, 150. Donc factuellement, en 2018, la France accueille deux fois plus de projets industriels que l'Allemagne.
Pour ce qui est de la R&D, par exemple, en 2018, toujours selon cette enquête extérieure – ce ne sont donc pas des statistiques gouvernementales susceptibles d'être critiquées –, la France accueille autant de sites que l'Allemagne et le Royaume-Uni réunis. (M. Martin Lévrier applaudit.)
Pourquoi cela ? Parce que, depuis deux ans et demi, nous avons mené une politique d'attractivité, dont vous connaissez les fondements. (Protestations sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. Albéric de Montgolfier. Et l'impôt sur les sociétés, vous l'avez baissé ?
Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État. Cette politique d'attractivité, c'est une politique fiscale adaptée pour attirer les investissements étrangers, mais aussi français, en France ; c'est toute la politique fiscale sur la taxation du capital. C'est également une politique facilitant les conditions d'emploi et la formation, car vous le savez, le premier obstacle au développement des entreprises aujourd'hui est non pas le manque d'argent, mais le recrutement.
Enfin,…
M. le président. Il faut conclure !
Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État. … la simplification est le dernier angle, et c'est celui dont nous nous emparons, notamment dans le cadre du pacte de production. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM.)
M. le président. La parole est à M. Philippe Dominati, pour la réplique.
M. Philippe Dominati. Madame la secrétaire d'État, vous m'avez répondu : personne, à Bercy, n'a fait le lien avec ces deux industriels ! Sans doute était-on trop occupé à reporter la baisse de l'impôt sur les grandes sociétés à un budget ultérieur, à établir une taxe ciblée sur les bureaux en Île-de-France ou sur les billets d'avion,…
M. Albéric de Montgolfier. Eh oui !
M. Philippe Dominati. … ou à opérer un prélèvement pour financer le contrat de plan…
M. le président. Il faut conclure !
M. Philippe Dominati. En réalité, j'aimerais que l'on s'occupe de la région capitale, dont l'attractivité n'a manifestement pas l'air d'être une priorité au Gouvernement ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains et sur des travées du groupe UC.)
Source : senat.fr ↗
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