Malaise des agriculteurs
P Pierre LouaultUC Sénateur — Indre-et-LoireLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 28/11/2019M. Didier Guillaume, ministre de l'agriculture et de l'alimentation. Monsieur le sénateur Pierre Louault, aujourd'hui, selon le comptage du ministère de l'intérieur, 1 086 tracteurs roulent sur Paris.
M. Bruno Sido. Bravo !
M. Didier Guillaume, ministre. Ce chiffre traduit une mobilisation très importante. De nombreuses capitales régionales connaissent également des manifestations et des blocages considérables.
Quelle est la raison de cette mobilisation ?
Comme vous l'avez dit dans la seconde partie de votre question, les agriculteurs en ont tout simplement marre du dénigrement permanent. (Protestations sur les travées du groupe CRCE.) Les agriculteurs en ont marre de se faire insulter lorsqu'ils épandent dans un champ. Les agriculteurs en ont marre des agressions et des attaques de leurs élevages – on en recense désormais soixante-dix, auxquelles ont pu participer des parlementaires de la République, madame Assassi. (Mme Éliane Assassi proteste. – Applaudissements sur des travées des groupes UC et Les Républicains.) Ce week-end encore, trois bâtiments d'élevage ont été brûlés.
De tels agissements sont inacceptables ! Il faut les condamner fermement. Toutes celles et tous ceux qui leur trouveront des justifications seront complices de la détresse des agriculteurs et de l'agri-bashing. (Applaudissements sur les mêmes travées, ainsi que sur des travées du RDSE.)
Nous essayons de travailler pour que les agriculteurs perçoivent un revenu décent. Aujourd'hui, l'agriculture est confrontée à une grande difficulté : c'est la seule profession, en France, qui ne fixe pas ses prix. C'est la seule profession qui vend à des prix inférieurs aux coûts ! C'est inacceptable.
Plusieurs sénateurs du groupe Les Républicains. Égalim !
M. Didier Guillaume, ministre. Je répondrai à Mme Primas tout à l'heure. (Exclamations sur des travées du groupe Les Républicains.)
La loi Égalim a prévu l'inversion de la construction des prix, qui n'avait jamais été tentée jusqu'alors.
M. Pierre Cuypers. C'est raté !
M. Didier Guillaume, ministre. Celle-ci a été décidée par l'ensemble de la profession agricole et reprise par les parlementaires, à la suite des États généraux. Nous sommes en train de la mettre en œuvre. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM, ainsi que sur des travées des groupes RDSE et UC.)
Source : senat.fr ↗
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