Extension des effets du fonds de garantie aux accidents médicaux
P Philippe BonnecarrèreUC Sénateur — TarnLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/01/2020Ma question porte sur l'extension du fonds de garantie des dommages consécutifs à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins dispensés par des professionnels de santé exerçant à titre libéral, et aux accidents médicaux faisant l'objet d'une réclamation au sens de l'article L. 251-2 du code des assurances, afin que celui-ci s'applique à compter du 1er janvier 2011, en lieu et place du 1er janvier 2012.
Madame la secrétaire d'État, il s'agit de combler une espèce de « trou » législatif, qui a subsisté malgré deux dispositions légales datant de 2002, et une disposition votée en 2011.
À l'époque, des discussions affreusement compliquées ont eu lieu entre le Gouvernement, le Parlement et les compagnies d'assurance pour essayer de trouver une solution à l'insuffisance des garanties données par les contrats d'assurance qui avaient pu être souscrits à l'étranger. Pour faire bref, il s'agissait de trouver une solution à un problème de défaut partiel d'assurance.
Après l'adoption des dispositions légales de 2002, il est apparu qu'il restait encore des trous. Il a donc été mis en place un fonds de garantie, financé par la profession, s'agissant en particulier des actes de gynécologie.
Pour des raisons techniques de calcul de prescription, il reste une dernière zone non couverte par le fonds : elle concerne des accidents ayant fait l'objet d'une déclaration, à compter non pas du 1er janvier 2012, mais du 1er janvier 2011. En clair, une douzaine de médecins, essentiellement des gynécologues-obstétriciens, ne seraient aujourd'hui pas couverts.
Seuls les professionnels de santé financent ce fonds. Si cette extension n'est pas accordée, ce sont les caisses primaires d'assurance maladie qui devront couvrir les dommages.
Je ne parviens pas à aborder le nœud du débat puisque, lorsque l'on examine le projet de loi de financement de la sécurité sociale, on me répond qu'il faut aborder le sujet au moment de la loi de finances et que, en loi de finances, on m'oppose l'article 40 de la Constitution.
Le Gouvernement pourrait-il étudier et, de mon point de vue, accepter cette extension de la couverture du fonds de garantie au 1er janvier 2011 ?
Mme la présidente. La parole est à Mme la secrétaire d'État.
Mme Christelle Dubos, secrétaire d'État auprès de la ministre des solidarités et de la santé. Monsieur le sénateur, je vous remercie pour votre question.
Le ministère de la santé a également été informé des difficultés auxquelles sont confrontés plusieurs médecins qui font face à des défauts de couverture assurantielle. Nous sommes sensibles à la situation de ces médecins et de leurs familles.
Néanmoins, une extension de la garantie du fonds ne peut se faire que sous deux conditions : le respect absolu de l'indemnisation des patients et le maintien de l'équilibre financier du fonds. L'assurance fournie à certains praticiens pour des litiges passés ne doit pas nous pousser à prendre le moindre risque pour la viabilité de l'assurance future de leurs confrères et des victimes.
Des travaux sont actuellement en cours pour évaluer les modalités de mise en œuvre de cette extension : il faudrait s'assurer que le fonds puisse couvrir le coût de l'extension de la garantie dans le temps. Cette extension des effets du fonds au 1er janvier 2011, voire même antérieurement si d'autres médecins que ceux qui sont aujourd'hui identifiés étaient concernés, pourrait faire peser un risque d'insolvabilité au fonds si les projections présentées étaient sous-estimées et les ressources mobilisées insuffisantes.
Ce risque ne doit pas être pris. Il est dans l'intérêt des patients qu'un financement complémentaire soit envisagé en cas d'extension des garanties couvertes par le fonds, ce que ne prévoyaient pas les amendements présentés lors de l'examen des textes budgétaires.
Source : senat.fr ↗
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