Marché du livre à l'heure du numérique
Jean-Marie MizzonUCI
Sénateur — Moselle
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 29/09/2021M. Jean-Marie Mizzon. Madame la ministre, avec l'arrivée du numérique et au lendemain, ou presque – espérons-le ! –, de l'épidémie du coronavirus, le marché du livre est en pleine mutation.
Cette nouvelle technologie et la pandémie ont en effet entraîné d'importants bouleversements dans les habitudes de lecture des Français mais aussi dans le monde de l'édition. Cette activité culturelle, qui génère un chiffre d'affaires assez important, est toujours autant plébiscitée par nos concitoyens.
Or, avec l'arrivée du numérique, le marché du livre est en pleine mutation, avec près de 400 000 titres disponibles à la vente et accessibles via un ordinateur fixe, une liseuse, un smartphone, une tablette ou encore un ordinateur portable.
Surtout, ce marché, en augmentation constante, a connu une hausse particulièrement notable au plus fort de l'épidémie de covid-19. Durant cette période, les chiffres communiqués par les plateformes de vente spécialisées témoignent même d'une hausse spectaculaire des achats de livres numériques, avec un nombre de téléchargements et de ventes multiplié par sept, tandis que le nombre d'e-books commandés a été multiplié par quinze. Quant à la lecture directe sur un ordinateur, elle a triplé en volume, ce qui représente plus de 800 000 livres numériques lus par ce seul moyen. La plupart des plateformes de vente de livres numériques ont enregistré des hausses d'activité allant jusqu'à 200 %.
Tout cela suscite, au vu des pertes enregistrées, l'inquiétude des professionnels du livre, libraires et maisons d'édition confondus. Afin qu'aucun des acteurs de ce marché ne soit lésé, quelle politique votre ministère entend-il mener dans ce secteur d'activité d'importance pour notre pays, sur le plan tant culturel qu'économique ?
Mme le président. La parole est à Mme la ministre.
Mme Roselyne Bachelot, ministre de la culture. Monsieur le sénateur Jean-Marie Mizzon, les contraintes et les obligations imposées par la crise sanitaire ont en effet favorisé une augmentation au moins temporaire des ventes et des prêts de livres numériques.
Le développement du secteur du livre numérique est accompagné depuis plus d'une dizaine d'années par le ministère de la culture. Cela s'est manifesté notamment par l'adoption de la loi sur le prix unique du livre numérique en 2011, le soutien au développement du prêt numérique en bibliothèque ou encore le copilotage d'un plan stratégique pour le développement d'une offre de livres numériques nativement accessibles aux personnes en situation de handicap.
En outre, le Centre national du livre (CNL) propose plusieurs dispositifs d'aide numérique, qui ont été refondus cette année. Trois aides sont dorénavant proposées afin d'accompagner la filière du livre dans le développement de services numériques structurants et interprofessionnels, de soutenir la publication et la diffusion de livres numériques, et de favoriser le développement du livre audio.
L'imprimé demeure néanmoins le principal format du marché du livre, puisqu'il représente environ 95 % des ventes en volume.
Les périodes de confinement liées à la crise sanitaire ont eu un impact sur les ventes, mais le soutien du Gouvernement a été important. Grâce à l'action du CNL et des directions régionales des affaires culturelles, le cas échéant en liaison avec les organismes de gestion collective et les collectivités territoriales, les différents maillons ont bénéficié d'aides variées.
Ainsi, 677 auteurs ont reçu 2,26 millions d'euros d'aide d'un fonds d'urgence, et 440 aides ont été versées aux petites et moyennes maisons d'édition, pour plus de 4 millions d'euros. Les libraires ont en outre été soutenus à travers un fonds de compensation des pertes d'exploitation lors du premier confinement, pour plus de 15 millions d'euros. Le remboursement de leurs frais d'expédition pour leur permettre de poursuivre leur activité à distance lors du deuxième confinement a coûté plus de 3 millions d'euros. Et un fonds de modernisation de 12 millions d'euros a été créé pour accélérer leurs investissements dans leurs magasins et leurs solutions de vente en ligne, dont 9 millions d'euros ont déjà été engagés.
À cela s'ajoutent les dispositifs transversaux que vous connaissez bien, et dont la chaîne du livre a pleinement bénéficié.
Mme le président. Il faut conclure, madame la ministre.
Mme Roselyne Bachelot, ministre. Combinée avec la fréquentation exceptionnelle des commerces de livres, l'action publique aura ainsi permis au secteur du livre de traverser avec le moins de dégâts possible la crise sanitaire.
Mme le président. La parole est à M. Jean-Marie Mizzon, pour la réplique.
M. Jean-Marie Mizzon. Je suis impressionné par le nombre des initiatives que vous avez prises, madame la ministre. Mais le ressenti sur le terrain n'est pas à la hauteur de ces engagements que vous prenez pour défendre le livre. Puisse l'avenir vous donner raison !
Source : senat.fr ↗
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