Covid-19
Alain HoupertLes Républicains
Sénateur — Côte-d'Or
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 11/06/2020Mme Christelle Dubos, secrétaire d'État auprès du ministre des solidarités et de la santé. Monsieur le sénateur Houpert, la mise en avant des mécanismes d'action de l'hydroxychloroquine a légitimement soulevé beaucoup d'espoirs ces dernières semaines, ce au plus fort de la période épidémique que nous venons de vivre.
De nombreux travaux de recherche – vous en avez cité quelques-uns – ont été menés pour tenter d'analyser son efficacité et son innocuité dans le traitement du Covid-19.
Le ministre et l'ensemble du Gouvernement ont été transparents : tous les efforts ont été accomplis, afin de trouver des réponses rigoureuses et scientifiques à cette question.
À ce jour, les travaux de recherche conduits n'ont pas réussi à démontrer avec un niveau de preuve suffisant l'efficacité de l'hydroxychloroquine chez les malades hospitalisés ou dans les formes les plus simples de la maladie.
M. François Patriat. C'est vrai !
Mme Christelle Dubos, secrétaire d'État. Par ailleurs, de nombreuses études ont montré des effets secondaires connus et renforcés dans le cas de certaines associations médicamenteuses.
Les résultats de deux travaux scientifiques – issus d'auteurs similaires – ont dû être retirés en raison de questions sur leur intégrité scientifique. Nous le déplorons. Néanmoins, l'ensemble des études rassemblées à ce jour sur la question du recours à l'hydroxychloroquine dans le traitement de la maladie ne justifient pas l'utilisation de cette molécule en pratique courante.
Compte tenu de la décroissance progressive de l'épidémie, cette question est aujourd'hui moins urgente ; certaines études sont poursuivies actuellement.
Enfin, la liberté de prescription n'a jamais été entravée. Je rappelle d'ailleurs qu'elle n'a jamais été totale. L'Ordre des médecins l'a encore rappelé récemment : l'article 8 du code de déontologie médicale précise que, « dans les limites fixées par la loi et compte tenu des données acquises de la science, le médecin est libre de ses prescriptions ». (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM.)
M. le président. La parole est à M. Alain Houpert, pour la réplique.
M. Alain Houpert. Madame la secrétaire d'État, je suis parlementaire, mais je suis aussi médecin. S'élever, c'est quelquefois s'éloigner des certitudes et s'interroger. Il existe des chiffres incontestables contre les certitudes, et ces chiffres sont ceux de votre ministère : le taux de décès parmi les personnes hospitalisées pour les mêmes raisons en France est de 3,1 % à Marseille et de 17,2 % au niveau national. Voilà qui devrait à tout le moins vous conduire à vous interroger, madame la secrétaire d'État. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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