Port du masque
A Annie Delmont-KoropoulisLes Républicains Sénatrice — Seine-Saint-DenisLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 17/07/2020Laissez-moi vous féliciter sincèrement d'avoir repris la blouse pendant la période épidémique. Je pense que les Français vous en savent gré.
Nous pouvons nous entendre, madame la sénatrice, sur plusieurs constats. S'agissant d'abord du port du masque, qui sera rendu obligatoire dans les milieux fermés, vous soulevez la question du 1er août. Vous le savez, nous faisons confiance à l'esprit de responsabilité des Français. Nous expliquons ; nous accompagnons. Décréter une obligation du jour au lendemain nous semble un peu brutal, d'autant qu'il y a également un travail à faire avec les entreprises ou avec les milieux culturel et sportif pour que chacun puisse préparer cette obligation du port du masque.
Néanmoins, madame la sénatrice, vous avez été entendue avant même d'avoir posé votre question, puisque le Premier ministre s'est engagé ce matin à ce que l'obligation soit entérinée dès la semaine prochaine. Je peux même vous dire que, en l'état actuel de la réflexion, nous nous dirigeons vraisemblablement vers une obligation à compter de lundi ou mardi, en tout cas du tout début de la semaine prochaine. Et, sans attendre, j'appelle les Français à porter un masque lorsqu'ils sont en milieu fermé et que de surcroît ils sont un certain nombre à être rassemblés, comme c'est le cas par exemple, madame la sénatrice, dans cet hémicycle sénatorial.
Vous considérez que nous sommes inactifs. Je pourrais vous faire constater qu'un certain nombre de pays ont été conduits à un reconfinement territorial parfois généralisé, y compris des pays dont j'ai souvent entendu parler dans cet hémicycle, pendant la période épidémique, comme étant des modèles. Si cela n'a pas été le cas en France, c'est pour une simple raison, madame la sénatrice : pendant douze semaines, les indicateurs se sont améliorés continuellement.
En revanche, vous avez raison de souligner que certains indicateurs doivent nous alerter et nous inquiéter – je l'ai dit tout à l'heure à l'Assemblée nationale –, dans certains hôpitaux parisiens ou en Mayenne, notamment. C'est pourquoi nous démultiplions les capacités de tests et de contact tracing.
J'ai débattu ici des heures durant pour expliquer pourquoi il était fondamental de ne pas désarmer juridiquement l'exécutif, le Gouvernement, dans sa capacité à agir et à prendre les bonnes décisions au bon moment alors que nous sortions de l'état d'urgence sanitaire. Je vous propose, madame la sénatrice, de relire les comptes rendus des débats : vous y verrez que je n'étais certainement pas celui qui prônait le moins d'action, au contraire. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM.)
M. le président. La parole est à Mme Annie Delmont-Koropoulis, pour la réplique.
Mme Annie Delmont-Koropoulis. Oui, mettre en place de telles mesures nécessite du temps ; mais vous auriez dû les prendre avant, et ne pas vous y résoudre au dernier moment.
Soyez vigilant, monsieur le ministre : demain, lorsque la population sacrifiée et les familles vous demanderont des comptes, vous ne pourrez plus dire : « nous ne savions pas ».
Source : senat.fr ↗
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