Vaccin contre la grippe et vaccin contre la Covid-19
J Joël GuerriauLes Indépendants Sénateur — Loire-AtlantiqueLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 29/10/2020M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. Monsieur le sénateur Guerriau, le Gouvernement ne passe pas commande de vaccins antigrippaux ; il revient aux pharmacies d'officine de s'équiper.
Cette année, les pharmaciens sont autorisés à vacciner contre la grippe de manière plus importante que les années précédentes. Les commandes n'ont pas été passées en mars, mais au mois de décembre dernier, avant même l'épidémie. Une chance dans notre malheur, si je puis dire : les pharmaciens ont commandé un peu plus de doses que les années précédentes, car ils estimaient avoir à vacciner en plus large proportion qu'auparavant.
Par ailleurs, au printemps dernier, lorsque l'épidémie a commencé, nous avons fait le choix inédit de nous doter d'un stock d'État complémentaire de vaccins, à mettre à la disposition des officines et des hôpitaux, si jamais la situation l'exigeait.
Or, en cinq jours, l'équivalent d'un mois de doses de vaccin antigrippal a déjà été consommé, car il y a eu une véritable ruée sur les pharmacies. Parmi les acheteurs, on compte 82 % de personnes âgées de 65 ans et plus, et donc parfaitement dans la cible. Dans les 18 % qui restent, les soignants et les prestataires d'aide à domicile sont également dans la cible, tout comme les porteurs de comorbidités et de pathologies qui rendent la vaccination antigrippale nécessaire.
Un certain nombre de pharmaciens font face à des ruptures de stock, pour la plupart temporaires. Cette semaine, 1,3 million de doses supplémentaires ont été livrées pour réapprovisionner les pharmacies, qui devraient aussi recevoir bientôt leur commande habituelle, soit 3 millions de doses supplémentaires. Enfin, l'État se pourvoira en vaccins tout au long du mois de novembre et jusqu'au début du mois de décembre prochain pour pallier d'éventuels manques.
Monsieur le sénateur, il n'y a pas d'urgence (Murmures sur des travées du groupe Les Républicains.), puisque la grippe ne démarre pas avant Noël et que son arrivée a même été retardée dans l'hémisphère Sud. En outre, une vaccination doit être faite au bon moment.
Ma crainte n'est pas que nous manquions de vaccins, mais que ceux qui sont vulnérables ne soient pas assez nombreux à aller se faire vacciner. L'année dernière, parmi les personnes du public cible, 48 % se sont fait vacciner. Or l'OMS recommande un taux de 75 %. Je souhaite ardemment que les publics vulnérables, les fragiles, les médecins, les soignants, les acteurs d'aide à domicile se fassent vacciner. Il y va de la protection des Français. Quant à l'accès aux vaccins, vous pouvez compter sur le réseau des pharmaciens pour l'assurer. (M. François Patriat applaudit.)
M. le président. La parole est à M. Joël Guerriau, pour la réplique.
M. Joël Guerriau. Monsieur le ministre, je vous remercie de votre réponse. La difficulté reste d'y voir clair dans les chiffres. J'ai cherché longtemps, mais je n'ai trouvé aucun résultat certain. Il semblerait que treize millions de vaccins aient été commandés, ou peut-être tout au plus dix-sept millions, si l'on considère un taux d'augmentation de 30 %. La population française des plus de 65 ans représente treize millions d'individus. Entre 60 et 65 ans, il faut en ajouter quatre millions, soit 17 millions de personnes de plus de 60 ans, ce qui laisse à craindre un manque de vaccins, ou du moins une forte tension, comme celle que connaissent déjà les pharmacies, dans l'incapacité de répondre aux besoins des personnes qui se présentent.
Ma question portait également sur les leçons à tirer de cette expérience pour un vaccin à venir contre la covid-19. Il me paraît important de pouvoir anticiper une situation qui ne manquera pas d'être compliquée.
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Joël Guerriau
Modalités de versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi par la mairie
Hausse des tarifs des billets d'avion pour le Liban
Euthanasie des chevaux de course pour des raisons économiques
Défis auxquels sont confrontés les producteurs de sel marin en lien avec l'introduction du label bio européen