Compatibilité des positions du président turc et de la Turquie avec son statut d'allié dans l'OTAN
Philippe FolliotUCI
Sénateur — Tarn
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 29/10/2020Mme Florence Parly, ministre des armées. Monsieur le sénateur, la Turquie a adhéré à l'OTAN en 1952 et a apporté, pendant de nombreuses années, sa contribution à la sécurité euro-atlantique.
Nous avons pu avoir des différends avec d'autres alliés par le passé, mais aucun n'a jamais porté atteinte à la cohésion de l'Alliance. Et le fait même que la Grèce et la Turquie appartiennent à la même alliance a pu contribuer à apaiser certaines tensions entre ces deux pays.
Mais, depuis quelques mois, nous assistons à une situation tout à fait inédite où la Turquie pratique la politique du fait accompli et adopte une attitude décomplexée au mépris, comme vous l'avez souligné, de bon nombre des intérêts de sécurité de ses alliés et au risque de l'escalade.
Je ne reprendrai pas tous les exemples que vous avez cités, mais je pense notamment à la situation en Méditerranée orientale ou à l'envoi de mercenaires dans le Haut-Karabakh.
Par ailleurs, cette attitude se double des outrances verbales parfaitement inadmissibles des dirigeants turcs qui ont conduit le ministre de l'Europe et des affaires étrangères à rappeler l'ambassadeur de France en Turquie pour consultation.
Le constat que je dresse est celui d'un allié qui ne se comporte pas en allié. Face à cette situation, il n'est qu'une seule attitude possible : rappeler à la Turquie les obligations qui s'imposent à elle en tant qu'alliée.
C'est ce que j'ai fait en juin dernier, lors des incidents avec notre frégate Courbet. C'est ce que j'ai refait la semaine dernière, devant mes collègues de l'OTAN, lors d'une réunion des ministres de la défense, en rappelant que la France serait intraitable face à toute violation du droit international ou à toute remise en cause de la solidarité européenne.
Comme l'a souligné M. Clément Beaune, bon nombre de pays – européens ou non, comme les États-Unis, par exemple – ont condamné publiquement les agissements de la Turquie. Mais au-delà de ces dénonciations, il faut agir. C'est ce que nous faisons, notamment dans le cadre de l'opération Irini, où nous adoptons une posture à la fois de vigilance et de fermeté. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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