Gestion de la crise sanitaire
Laurence RossignolSER
Sénatrice — Val-de-Marne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 29/10/2020M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. Madame Rossignol, c'est vous qui avez parlé de politique politicienne, et je vais donc me permettre de vous répondre, pour une fois, en termes de politique politicienne. (Exclamations sur les travées des groupes SER et Les Républicains.)
Madame la sénatrice, comme j'aurais aimé que surgissent de votre question une idée, une proposition ou même une orientation générale à laquelle ni la France, ni l'Europe, ni les États-Unis n'auraient songé pour lutter contre la pandémie la plus meurtrière de notre histoire contemporaine ! (Protestations sur les travées du groupe SER.)
Mme Gisèle Jourda. Tracez, dépistez, isolez !
M. Olivier Véran, ministre. Madame la sénatrice, comme j'aurais aimé entendre un mot pour les Français, solidaires et forts contre vents et marées, qui attendent de leur classe politique qu'elle fasse preuve, dans cette lutte contre la pandémie, de sa capacité à parvenir, dans un grand moment, à un minimum d'unité nationale et non qu'elle s'en serve comme je ne sais quel marchepied vers je ne sais quelle élection à venir. (Protestations sur les travées du groupe SER.)
Madame la sénatrice, comme j'aurais aimé que vous ayez l'honnêteté de rappeler que j'étais présent dans cet hémicycle, semaine après semaine, pour rappeler à la représentation nationale que l'épidémie n'était pas finie, que nous n'avions pas terrassé le virus et que nous devions rester armés tout au long de l'année pour pouvoir lutter.
Mais non ! À travers votre question, vous vous livrez à une nouvelle attaque en piqué.
Mme Marie-Pierre de La Gontrie. En fait, vous n'avez rien à dire !
M. Olivier Véran, ministre. Madame la sénatrice, on ne sauve pas des vies avec des attaques politiques ; on ne soutient pas les soignants avec des attaques politiques ; on n'encourage pas les Français à tenir bon dans cette période difficile avec des attaques politiques.
Mme Gisèle Jourda. Répondez à la question !
M. Olivier Véran, ministre. Avec de telles attaques, madame la sénatrice, comme avec la polémique permanente que certains essaient d'instaurer à un moment où nous avons besoin de solidarité et d'unité nationale, je ne crois pas que vous aidiez votre pays à lutter contre l'épidémie ni à soutenir les Français. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à Mme Laurence Rossignol, pour la réplique.
Mme Laurence Rossignol. Monsieur le ministre, le Sénat et, au sein du Sénat, le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain, comme d'autres groupes politiques, vous feront des propositions ; et nous vous en avons déjà fait de nombreuses. Et la manière dont vous les traitez, qu'il s'agisse de l'examen des projets de loi, de nos discussions plus techniques sur la mise en œuvre de la politique sanitaire, ne nous y fera pas renoncer.
Mais permettez-nous de dire aux Français que vous voyagez seuls, que vous pilotez seuls et que vous n'écoutez jamais ni le Parlement ni la société civile. (Vifs applaudissements sur les travées des groupes SER, CRCE et Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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