Situation des commerces de proximité
V Vincent SegouinLes Républicains Sénateur — OrneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 05/11/2020M. Cédric O, secrétaire d'État auprès du ministre de l'économie, des finances et de la relance et de la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, chargé de la transition numérique et des communications électroniques. Monsieur le sénateur, je tiens à revenir un peu plus en détail sur les éléments que vous mentionnez et à exposer quelques considérations.
Tout d'abord, face à la situation dramatique que vous évoquez, le Gouvernement déploie un ensemble d'aides que j'ai précédemment détaillé.
Ensuite – je le souligne également –, nous assumons le primat du sanitaire dans la gestion de cette crise. Cela étant, le Premier ministre, comme il l'a lui-même rappelé, a fait en sorte avec Bruno Le Maire que certaines activités proscrites pendant le premier confinement soient désormais autorisées, afin que l'on puisse continuer à produire et à vivre.
Évidemment, les décisions prises ont de terribles effets de périmètre. Par exemple, certains commerces vendent en même temps de la nourriture et des articles d'habillement. À cet égard, le Premier ministre et Bruno Le Maire ont annoncé la fermeture d'un certain nombre de rayons dans les hypermarchés.
Nous sommes face à une alternative : continuer à prendre des décisions difficiles, en dentelles – vous aurez noté que ces fermetures de rayons ont de graves conséquences sur l'emploi –, ou opter pour un nivellement des normes par le bas. Par capillarité, un tel choix conduirait à rouvrir tous les commerces et, mécaniquement, à augmenter nos interactions sociales en accroissant le nombre de personnes circulant dans les rues.
On peut soutenir cette stratégie, mais elle me paraît assez éloignée de la réalité sanitaire de notre pays. Je vous le rappelle, un Français est contaminé par le covid toutes les deux secondes ; un Français en meurt toutes les quatre minutes… (Protestations sur des travées du groupe Les Républicains.)
Face à la réalité sanitaire, il nous faut toujours suivre une ligne de crête, entre la nécessité de faire respecter le confinement au maximum et le soutien au petit commerce ! (M. François Patriat applaudit.)
M. le président. La parole est à M. Vincent Segouin, pour la réplique.
M. Vincent Segouin. Monsieur le secrétaire d'État, je vous le dis clairement : les mesures prises par ce gouvernement ne sont à la hauteur ni des attentes ni de la situation.
Vous promettez 10 000 euros par entreprise, mais peu auront cette somme. Vous souhaitez étendre le click and collect aux petits commerces, alors que c'est contraire à leur ADN. Vous annoncez des suppressions de charges sociales : ce ne sont que des reports. Vous n'avez aucune stratégie. Vous recourez sans cesse à la dette, mais cette dernière est un poison. Comme l'a dit le Président de la République, la dette, c'est de l'impôt au carré !
Plus je vous écoute, plus votre manque de cohérence me désespère.
On laisse les grandes surfaces ouvertes, mais, en même temps, on ferme les petits commerces, qui pourtant respectent les mesures sanitaires.
On ferme nos restaurants, mais, en même temps, on laisse ouverts des restaurants d'entreprise et des cantines à grande fréquentation.
On empêche les gens d'aller chez le libraire, mais, en même temps, on les laisse se masser dans les transports en commun. (M. le Premier ministre manifeste son exaspération.)
On interdit les coiffeurs à domicile, mais, en même temps, on autorise les livraisons ou les travaux à domicile.
On laisse les gens passer les frontières de notre pays sans aucun contrôle, mais, en même temps, on enferme les Français chez eux en leur imposant de justifier leurs moindres faits et gestes.
M. le président. Il faut conclure, mon cher collègue !
M. Vincent Segouin. Je comprends les Français qui n'acceptent plus vos injonctions. Ils demandent simplement de l'écoute et de la concertation.
Les mesures sont acceptées…
M. le président. Il faut vraiment conclure !
M. Vincent Segouin. … quand elles sont comprises et cohérentes. Vous n'avez plus la confiance du Sénat ; vous n'avez plus la confiance des maires sur le terrain. (Marques d'impatience sur les travées du groupe RDPI.)
L'agressivité du ministre de la santé envers les députés, hier encore, ou ses propos à l'encontre des maires ne font qu'aggraver cette perte de confiance ! (Applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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