Politique du Gouvernement en matière d'immigration
P Philippe DallierLes Républicains Sénateur — Seine-Saint-DenisLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 26/11/2020Mme Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur, chargée de la citoyenneté. Monsieur le sénateur, les migrants dont vous parlez étaient bien en Seine-Saint-Denis dans un premier temps. Certains d'entre eux ont ensuite été pris en charge par les services de l'État pour être mis à l'abri et hébergés, quand d'autres ont été redirigés vers des associations et se sont retrouvés, plus nombreux, sur la place de la République.
Nous avons alors décidé de lancer une opération d'évacuation du camp de migrants et de ses tentes, puisque cette occupation était illégale, avant d'entamer une mise à l'abri immédiate pour loger ces personnes.
Vous avez évoqué l'augmentation des moyens du Gouvernement pour réduire les délais de réponse aux demandeurs d'asile ; je vous en remercie. Je peux vous confirmer que 200 personnes supplémentaires ont été recrutées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, l'Ofpra, pour accélérer l'examen des dossiers et proposer une réponse plus rapide aux demandes formulées.
Je vais vous dire les choses telles que je les pense, monsieur le sénateur, même si je sais que nous ne serons pas d'accord – après tout, c'est peut-être aussi cela, la politique et la démocratie : oui, nous assumons que l'État finance des mises à l'abri et l'hébergement de personnes venues en France pour chercher une vie meilleure.
M. Philippe Dallier. Je n'ai jamais dit le contraire !
Mme Marlène Schiappa, ministre déléguée. Non, nous n'allons pas nous excuser de le faire ! (Protestations sur des travées du groupe Les Républicains.)
M. François Bonhomme. Quelle mauvaise foi !
M. Roger Karoutchi. Ce n'était pas la question !
M. le président. La parole est à M. Philippe Dallier, pour la réplique.
M. Philippe Dallier. Madame la ministre, je ne m'attendais pas à être accusé de la sorte, mais peu importe…
Si vous aviez les moyens de votre politique, les délais d'instruction dans les CADA seraient de quelques mois, alors qu'ils atteignent toujours près d'un an !
M. Roger Karoutchi. Eh oui !
M. Philippe Dallier. Si vous aviez les moyens de votre politique, ceux qui ont obtenu l'asile auraient un logement et ceux qui ont été déboutés seraient reconduits à la frontière, ce qui éviterait d'« emboliser » le système.
Si vous aviez les moyens de votre politique,…
M. François Patriat. Où est la vôtre ?
M. Philippe Dallier. … la majorité des centres d'hébergement d'urgence n'auraient pas à accueillir des gens qui sont en situation irrégulière et que nous ne savons pas gérer.
M. Roger Karoutchi. Eh oui !
M. Philippe Dallier. Alors, madame la ministre, la réponse à ma question est malheureusement négative : en la matière, la situation est de plus en plus grave ! (Vifs applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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