Précarité des étudiants
Rémi CardonSER
Sénateur — Somme
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 26/11/2020Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Monsieur le sénateur Cardon, la précarité de la jeunesse est une réalité. La nier ou la sous-estimer serait une erreur. S'y résigner serait une erreur plus grave encore. C'est pourquoi, depuis le début de cette crise, le Gouvernement actionne de très nombreux leviers, notamment pour soutenir les étudiants.
Ainsi, pendant le premier confinement, plus de 19 millions d'euros ont été dédiés aux étudiants les plus précaires sous forme d'aides numériques, alimentaires ou encore sanitaires, en particulier en faveur des jeunes femmes.
Les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous) ont assuré un accompagnement remarquable, à l'instar des établissements. Nous avons également mis en place un ensemble de mesures, comme le versement de 200 euros pour tous ceux qui avaient perdu leur job étudiant ou la prolongation des bourses sur critères sociaux pour ceux dont les examens avaient été retardés.
Alors que nous connaissons un deuxième confinement, le Premier ministre a annoncé un plan inédit, intitulé « 1 jeune, 1 solution ».
Nous y avons travaillé en interministériel. Il permet notamment aux entreprises de maintenir l'apprentissage. En 2020, les résultats obtenus en la matière seront finalement meilleurs qu'en 2019, qui était déjà une année exceptionnelle pour l'apprentissage.
Ce plan, c'est l'aide à l'embauche des jeunes par les entreprises au travers d'un soutien aux premiers contrats de travail. C'est aussi un versement de 150 euros à chaque étudiant boursier et à chaque jeune bénéficiaire des aides personnalisées au logement (APL), qui sera effectué dans quelques jours. C'est le ticket de restaurant universitaire à 1 euro, grâce, une nouvelle fois, à la mobilisation exceptionnelle des Crous : ces centres prennent les commandes des jeunes et font en sorte qu'ils aient des repas équilibrés, faciles à réchauffer. Ils leur fournissent même plusieurs repas à la fois pour leur éviter de se déplacer plusieurs fois par jour.
Oui, la précarité est une réalité. Elle dure depuis longtemps. Nous travaillons pour y faire face et nous proposons des solutions globales, en lien avec toutes les associations ! (M. François Patriat applaudit.)
M. le président. La parole est à M. Rémi Cardon, pour la réplique.
M. Rémi Cardon. Madame la ministre, le plan « 1 jeune, 1 solution » ne répond pas à l'urgence et reste largement sous-dimensionné.
Toutefois, vous aurez une occasion de vous rattraper : les élus du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain vous donnent rendez-vous dans quelques semaines pour l'examen de leur proposition de loi relative aux droits nouveaux dès 18 ans. Ils y défendent une perspective universelle et plus structurelle, avec le projet d'aide individuelle à l'émancipation ! (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)
Source : senat.fr ↗
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