Soutien au monde agricole
Nadia SollogoubUCI
Sénatrice — Nièvre
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 28/01/2021M. Julien Denormandie, ministre de l'agriculture et de l'alimentation. Je suis désolé, madame la sénatrice Sollogoub, mais je ne peux pas vous laisser tenir de tels propos sur notre action. Je crois que je n'ai plus à démontrer à quel point nous faisons preuve, parfois, d'un grand courage politique pour aider le monde agricole, auquel nous sommes tellement attachés.
Aujourd'hui, nous avons à relever un certain nombre de défis et la mère des batailles – j'enlève ici mon habit de ministre de l'agriculture pour prendre celui d'ingénieur agronome –, c'est la question de l'eau.
Trop souvent, depuis des années, on a mis cette question sous le tapis et nous nous sommes tous perdus dans d'autres sujets concernant le monde agricole. Pourtant, c'est la question essentielle !
Depuis que l'homme est sédentaire, dès que l'on parle gestion de l'eau, on en vient systématiquement à des questions de conflits autour de cet usage. Voilà pourquoi il est beaucoup plus facile de mettre le sujet sous le tapis. Moi, je n'ai pas l'intention de le faire !
Oui, quand il y a ces épisodes de sécheresse, il faut indemniser. Il s'avère que le comité auquel vous faites allusion s'est bien tenu en janvier, mais que les cas étaient si nombreux qu'il a fallu prévoir une deuxième session. Il y a donc eu un comité en janvier, et il y en aura un en février, au sein duquel sera traitée la situation du département de la Nièvre.
Autrement dit, ce n'est plus occasionnel ; c'est récurrent. Voilà la réalité ! Ce n'est pas une question de lourdeur administrative… Moi, je soutiens notre administration. Je peux vous dire que, dans les territoires, des hommes et des femmes se battent pour nos agriculteurs. Cet « administration bashing » est insupportable ; mettons-y un terme !
Au-delà de ces indemnisations, il faut prendre le problème à la racine.
Un, il faut développer les retenues d'eau. C'est difficile, compliqué, et cela demande du courage politique. Cela demande même, mesdames, messieurs les sénateurs, du courage politique aux niveaux national et local, et vous le savez bien ! (MM. Bruno Retailleau et Philippe Mouiller opinent.)
Mme Sophie Primas. Très bien !
M. Julien Denormandie, ministre. Combien sont-ils ceux qui vont manifester sur les retenues d'eau, ici ou là, pour en faire des éléments de campagne électorale ? C'est insupportable ! Donc, même si c'est difficile et si cela nécessite de la concertation, il faut le faire !
Deux, il faut accompagner nos agriculteurs. Ainsi, le plan de relance prévoit une ligne de 100 millions d'euros pour les aider à investir. Notre volonté est forte en la matière.
N'oublions pas, chaque fois, de revenir à la racine des problèmes, et la racine des problèmes, c'est la question de l'eau. Nous allons la traiter. Nous le ferons avec force et courage, et avec vous ! (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI et sur des travées du groupe Les Républicains.)
M. le président. La parole est à Mme Nadia Sollogoub, pour la réplique.
Mme Nadia Sollogoub. Je vous remercie de votre réponse, monsieur le ministre, et partage totalement votre conviction. Je siège au Comité national de l'eau et travaille sur tous ces sujets. Mais je vous parle de trésorerie… Je sais que le plan de relance prévoit des lignes de crédits d'investissement. Ce qui m'occupe, ici, c'est la trésorerie, dont les agriculteurs ont besoin de façon urgente !
Par ailleurs, si la moitié des dossiers ont été instruits, pourquoi les agriculteurs s'inquiètent-ils d'un changement éventuel des règles du jeu ? J'entends aussi ce qu'ils me font remonter…
Nous avons besoin, tous ensemble, de travailler sur la gestion de l'eau, sachant que certaines demandes formulées par les agriculteurs dans ce cadre sont difficiles à traiter. Mais il y a un sujet très urgent sur la table – la trésorerie –, et je vous remercie de comprendre l'urgence de ce dossier. (Applaudissements sur des travées du groupe UC.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Nadia Sollogoub
Financement des réseaux régionaux multi-acteurs
Application des dispositions de la loi du 24 janvier 2022 visant à la création d'une plateforme de référencement et de prise en charge des malades chroniques de la covid-19
Impact de la directive eaux résiduaires urbaines révisée (DERU 2) sur les finances publiques
Situation humanitaire des civils de la ville d'Olechky (Ukraine) et action de la France