Situation politique
Bruno RetailleauLes Républicains
Sénateur — Vendée
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 18/03/2021M. Jean Castex, Premier ministre. Monsieur le président Retailleau, vous avez fait une description, que je peux partager, des dégâts massifs que cet ennemi invisible a causés non seulement dans nos chairs, mais aussi dans nos valeurs.
Ce virus est arrivé sur notre territoire il y a une année déjà, et, avec des mutations et des évolutions, hélas, il ne l'a pas encore quitté. Depuis le début de l'épidémie, le virus a fait 91 196 morts ; hier encore, 320 personnes ont succombé.
Je pense bien sûr, comme vous, à leurs familles, mais aussi à tous ces malades qui ont développé des formes graves, quand ils ont survécu, et qui continuent à porter des stigmates de longue durée, qui affecteront durablement leur vie.
Les dégâts psychologiques et les conséquences économiques et sociales, comme toujours, ont affecté les plus fragiles et les plus précaires de nos concitoyens.
Vous avez fait allusion aux résidents des Ehpad, qui ont payé un tribut particulièrement lourd durant cette pandémie : alors qu'ils représentent seulement 1 % de la population française, ils comptent pour un tiers des décès constatés.
C'est la raison pour laquelle nous avons fait le choix de commencer à les protéger. Déjà 89 % des résidents des Ehpad ont été vaccinés à ce jour, ce qui nous permet de répondre à d'autres difficultés mises en exergue par la crise : le droit de les accompagner, le droit de leur famille à leur rendre visite, le droit de leur donner la vie décente qu'ils méritent dans des circonstances dramatiques.
Le Gouvernement n'a jamais hésité à déployer, pour tous les secteurs en souffrance de notre société et de notre économie, des moyens – c'est le fameux « quoi qu'il en coûte » –, pour atténuer les souffrances matérielles et psychiques de nos concitoyens.
Il me faudrait l'après-midi tout entier pour répondre à votre question, monsieur le président, tant elle est vaste, mais je veux vous dire, pour conclure, que nous continuerons dans cette voie tant que nous n'aurons pas vaincu ce virus.
La vie sera la plus forte : tous ensemble, nous vaincrons ce virus et mettrons un terme à cette tragédie ! (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à M. Bruno Retailleau, pour la réplique.
M. Bruno Retailleau. Il est bien évident, monsieur le Premier ministre, que nous devons mener ce combat pour la vie.
J'ai voulu simplement plaider la cause des résidents des Ehpad et des patients des hôpitaux, qui sont morts seuls ; j'ai plaidé pour leurs familles, qui ont été privées du rite de l'adieu et pour qui le deuil a été très difficile.
On a voulu, sans doute de bonne foi, protéger la vie, mais on a réduit l'existence à sa seule dimension matérielle. En privant ces personnes âgées et ces malades du lien affectif avec leur famille, on les a aussi coupés de leur raison de vivre. En effet, pour eux, l'affection et l'amour sont ce qui leur rappelle qu'ils ne sont pas simplement des corps épuisés par le grand âge.
Une civilisation peut mourir de la guerre ou de la dénatalité, mais aussi, et plus sûrement encore, de l'oubli de ce principe même qui la constitue. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Bruno Retailleau
Manifestations des 17 et 18 octobre 2026
Pertinence du maintien de la tarification actuelle des heures pleines et heures creuses
Situation au Haut-Karabagh
Mort de Nahel et violences urbaines