Réforme du baccalauréat
Guillaume ChevrollierLes Républicains
Sénateur — Mayenne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/04/2021M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports. Monsieur le sénateur, je vous remercie de cette question, qui me donne l'occasion, tout comme vous l'avez fait, de souligner l'importance de la nouvelle épreuve inscrite dans la réforme du baccalauréat.
Cette épreuve constitue, en effet, l'une des innovations les plus importantes de cette réforme. Notre intention à cet égard est de rappeler à tous ceux qui participent au système éducatif, depuis l'école maternelle jusqu'à la terminale, combien il est essentiel pour les élèves d'être capables de s'exprimer à l'oral, de s'extravertir, d'écouter et d'argumenter. Or ce ne sont pas forcément les points forts du système actuel.
L'expression orale est tout à fait complémentaire de la compétence écrite, et nous voulons la développer, grâce à une série d'initiatives que je ne détaillerai pas, mais dont font partie la pratique théâtrale et le chant.
L'« école de la confiance » dont nous parlons signifie aussi qu'il faut apprendre aux élèves à avoir confiance en eux, en leur donnant les moyens de s'exprimer.
La situation actuelle remet en cause tous les éléments du système et nous oblige à des adaptations. Nous avons d'ailleurs déjà procédé à certaines d'entre elles. À ce stade, je considère que l'épreuve pourra avoir lieu, dès lors, bien sûr, que les conditions au mois de juin le permettront.
Nous l'organiserons avec bienveillance, car cet oral n'a d'intérêt que si les élèves le réussissent. C'est un bon message à leur envoyer que de leur rappeler qu'il est important de s'entraîner.
En revanche, il n'est pas exact de dire que nous n'avons pas fourni les ressources nécessaires à la préparation de l'épreuve. Chacun peut le vérifier immédiatement sur les sites « education.gouv.fr » et « eduscol.education.fr ». L'explication du grand oral y figure en trois points détaillés, contrairement à ce que vous avez affirmé, ainsi que des ressources pour s'entraîner.
Comme il s'agit d'une première, il est tout à fait normal que l'épreuve suscite des questions. Les corps d'inspection sont là pour aider les professeurs. Nous leur proposons également, depuis plusieurs mois, des sessions de formation continue.
Je le répète, l'objectif est de faire réussir les élèves. La philosophie de la réforme repose sur l'idée que, en préparant le baccalauréat, les élèves doivent acquérir des capacités qui leur permettront de réussir, après l'examen.
Il ne s'agit pas de les brimer en leur imposant une épreuve pénible, mais au contraire de leur offrir l'occasion de s'entraîner pour développer des qualités qui leur seront utiles par la suite, notamment pour réussir dans l'enseignement supérieur.
M. le président. La parole est à M. Guillaume Chevrollier, pour la réplique.
M. Guillaume Chevrollier. Monsieur le ministre, ma question remonte du terrain. Les acteurs concernés ne semblent pas connaître les modalités du grand oral.
Les lycéens sont inquiets. Les professeurs, qui ont pourtant vécu d'autres réformes, sous la droite et sous la gauche, n'ont pas le souvenir d'avoir connu une telle impréparation. Auparavant, les choses étaient fixées dès la rentrée scolaire. Ce n'est pas le cas avec ce gouvernement, et je le regrette. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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