Action de la France dans la lutte contre le réchauffement climatique
J Joël BigotSER Sénateur — Maine-et-LoireLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 17/06/2021Mme Emmanuelle Wargon, ministre déléguée auprès de la ministre de la transition écologique chargée du logement. Monsieur le sénateur Bigot, ce gouvernement a vraiment un objectif de décarbonation et il vise une baisse de 40 % de nos émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2030.
Selon une étude récente d'un organisme indépendant, le Boston Consulting Group, si nous appliquons la totalité des mesures déjà décidées et celles qui figurent dans le projet de loi Climat et résilience, a minima tel qu'il a été voté par l'Assemblée nationale, nous serons en capacité de tenir cette trajectoire.
Il ne s'agit pas que du projet de loi Climat, mais aussi du plan de relance, qui consacre 30 milliards d'euros d'investissements à la décarbonation de notre économie, à commencer par la rénovation des bâtiments publics et des logements et par le développement des énergies propres.
Le projet de loi Climat et résilience est un texte ambitieux, qui vise à faire entrer l'écologie dans le quotidien et qui comporte également des mesures très fortes : lutte contre l'artificialisation des terres et l'étalement urbain, interdiction de la mise en location des passoires thermiques, régulation de la publicité, réduction des vols domestiques, zones à faible émission, ou ZFE…
La première mesure que nous pouvons prendre, et cette assemblée est concernée au premier chef, consiste à ne pas amoindrir l'ambition de ce texte au fur et à mesure de son examen.
Or le Sénat a supprimé l'article 7 qui réglemente les vitrines lumineuses et s'apprête à refuser la généralisation de l'alternative végétarienne dans les cantines et à décaler la mise en place des ZFE de cinq ans… (Protestations sur les travées du groupe Les Républicains.)
Si nous voulons tenir notre trajectoire, nous devons voter le projet de loi Climat et résilience en maintenant son ambition initiale, sinon en l'améliorant. (Mme Sophie Primas et M. Jérôme Bascher s'exclament.) Il nous faudra ensuite continuer de travailler à l'échelle européenne, pour réduire de 55 % nos émissions. Là encore, nous serons au rendez-vous. (M. François Patriat applaudit.)
M. le président. La parole est à M. Joël Bigot, pour la réplique.
M. Joël Bigot. Madame la ministre, à en juger par les réactions de mes collègues, tout le monde ne partage pas votre constat…
Mme Sophie Primas. C'est sûr !
M. Joël Bigot. Si je vous interpelle aujourd'hui, c'est parce que le compte n'y est pas, comme l'a souligné la Convention citoyenne pour le climat. Je comprends donc, madame la ministre, qu'il est important pour vous d'attendre un énième Grenelle ou un nouveau Varenne avant d'être tancée d'agir par le Conseil d'État.
Vous mettez la France en état d'insécurité environnementale, alors que le quinquennat précédent nous avait placés à la pointe du leadership écologique. (Marques d'ironie sur les travées des groupes Les Républicains et UC.)
Vous pouvez encore relever l'ambition de ce texte en matière de rénovation énergétique des logements, de transports, de transition agroécologique en suivant nos propositions. Faites en sorte que le projet de loi Climat ne soit pas qu'une goutte d'eau comparée à l'océan des besoins. (Applaudissements sur les travées des groupes SER et GEST.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Joël Bigot
Rémunération des mandataires judiciaires à la protection des majeurs exerçant à titre individuel
Enfouissement des déchets toxiques
« Reste à vivre » minimum
Hausse des prix de l'énergie