Enfouissement des déchets toxiques
J Joël BigotSER Sénateur — Maine-et-LoireLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 02/12/2021Mme Bérangère Abba, secrétaire d'État auprès de la ministre de la transition écologique, chargée de la biodiversité. StocaMine ! Ce vieux dossier, monsieur le sénateur Bigot, aujourd'hui largement éclairé par une expertise qui nous alerte de longue date sur les risques de nouvelles interventions, nous nous sommes engagés à le résoudre. Dès le 18 janvier dernier, à la suite de sa visite sur le site, Barbara Pompili avait annoncé procéder à un confinement illimité des déchets toxiques, sans déstockage complémentaire.
Il s'agit de mettre en application un arrêté préfectoral de mars 2017. Cette décision est éclairée scientifiquement : tous les experts et toutes les études indépendantes ont montré que ce choix constitue la meilleure option, tant pour préserver la nappe phréatique d'Alsace que pour protéger les travailleurs. Ces études ont montré que les différents scénarios envisageables de déstockages supplémentaires présentaient de véritables risques pour ces travailleurs, sans réel bénéfice pour la nappe.
Des réunions larges et intenses ont été menées avec les parlementaires et les élus locaux sur ce choix, qui est aujourd'hui largement partagé. L'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, dite Agence de la transition écologique) a reçu une enveloppe de 50 millions d'euros de la part du ministère de la transition écologique pour mener à bien un plan de protection de la nappe d'Alsace.
En réponse à l'annulation de cet arrêté préfectoral par la cour administrative d'appel de Nancy, au simple motif que la capacité financière de la société gestionnaire était interrogée, le Gouvernement a déposé un amendement au projet de loi de finances pour 2022, effectivement voté par l'Assemblée nationale, afin de sécuriser et de donner une garantie financière aux dépenses liées à la sécurisation du stockage. Il s'agit donc non pas de la remise en cause du contexte technique, mais vraiment de la capacité financière de la société des Mines de potasse d'Alsace.
Le motif d'intérêt général sous-tendu par le stockage des déchets et le confinement du site n'a pas été remis en cause par ce jugement. Les Mines de potasse d'Alsace vont donc pouvoir stocker pour une durée illimitée ces produits dangereux en couche géologique profonde. Cela permettra de sécuriser ce site, là où l'affaissement des galeries nous mettait dans une situation très incertaine. Avec cette base législative, nous allons donc pouvoir mener les opérations de mise en sécurité dans les meilleurs délais. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. – M. Claude Malhuret applaudit également.)
M. le président. La parole est à M. Joël Bigot, pour la réplique.
M. Joël Bigot. Alors que la population vous demande une protection maximale, vous proposez des bouchons de béton dont on n'est pas sûr de la fiabilité à long terme.
Madame la secrétaire d'État, vous parlez des élus, mais nous n'avons pas dû rencontrer les mêmes. L'ensemble des élus, unanime, souhaite reconsidérer ce projet.
Mme Patricia Schillinger. Ce n'est pas vrai !
M. Joël Bigot. Rencontrez-les, pour une sortie de crise concertée : ce sera la meilleure solution ! (Applaudissements sur les travées des groupes SER et GEST.)
Mme Patricia Schillinger. Ils les ont rencontrés !
Source : senat.fr ↗
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