Évolution du boulevard périphérique parisien
Catherine DumasLes Républicains
Sénatrice — Paris
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 29/09/2021Mme Catherine Dumas. Madame la secrétaire d'État, ma question s'adresse à M. le ministre délégué chargé des transports, que vous représentez ce matin. Elle porte sur la nécessaire évolution du mode de gouvernance du boulevard périphérique parisien.
Cette voie de 35 kilomètres est empruntée par 1,2 million de véhicules chaque jour. Le boulevard périphérique est inscrit depuis 1959 au plan d'urbanisme de Paris, mais il est aussi un élément majeur du réseau autoroutier régional. En effet, s'il relève du domaine public de la ville, il assure depuis 1973 un rôle de premier plan dans la mobilité et l'attractivité économique de toute la métropole.
Vous n'êtes pas sans connaître les projets de la maire de Paris sur cet axe routier, qu'elle souhaite notamment métamorphoser en un boulevard urbain.
Madame la secrétaire d'État, vous savez que ces projets consistent notamment à abaisser la vitesse de soixante-dix à cinquante kilomètres par heure, à supprimer la voie de gauche pour la réserver à l'autopartage et aux transports en commun, à installer des carrefours avec des feux tricolores, des passages piétons, des pistes cyclables, des espaces verts, voire des commerces – tout cela, sur le périphérique parisien !
D'après une étude réalisée par la ville à l'automne 2020, rendue publique au mois de janvier 2021, les usagers du boulevard périphérique, qui ne sont bien entendu pas tous parisiens, sont très majoritairement hostiles à ces éventuelles modifications. Compte tenu de l'évolution et de l'importance de cette voie de circulation, compte tenu aussi de son impact, qui dépasse la population installée à l'intérieur de cet anneau routier, je tiens à interroger le Gouvernement sur l'opportunité d'engager une réflexion sur une autorité partagée de cette ceinture périphérique, qui reste la plus empruntée d'Europe.
Mme le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État.
Mme Bérangère Abba, secrétaire d'État auprès de la ministre de la transition écologique, chargée de la biodiversité. Madame la sénatrice Dumas, le boulevard périphérique est en quelque sorte une ceinture entourant la Ville de Paris connectée aux radiales qui desservent la banlieue et la province. À ce titre, il reçoit un trafic composite.
La Ville de Paris, en sa qualité de gestionnaire du boulevard périphérique, assure la maîtrise d'ouvrage des aménagements nécessaires à l'entretien de cet axe routier. Elle a ainsi la responsabilité des conditions de circulation sur cette voie. Néanmoins, quand il s'agit d'une route à grande circulation, l'État est consulté pour avis pour la mise en œuvre de toute mesure de circulation.
Par ailleurs, le boulevard périphérique étant un axe essentiel à la sécurité de Paris et au bon fonctionnement des pouvoirs publics, l'État peut émettre des prescriptions qui visent à garantir la fluidité de la circulation des véhicules, notamment de sécurité et de secours. La gouvernance de cet axe, à vocation à la fois locale et nationale, est donc claire et l'État est tout à fait vigilant au maintien de son bon fonctionnement.
À ce jour, le préfet de police n'a été destinataire d'aucun dossier d'aménagement spécifique, sauf pour ce qui relève des vingt kilomètres de la voie olympique, qui devrait être effective.
Nous partageons avec vous le besoin d'une bonne concertation avec l'ensemble des acteurs, et ce dans le respect des prérogatives de chacun.
C'est pour cette raison que le préfet de la région d'Île-de-France a mis en place une conférence stratégique sur les mobilités routières, rassemblant État et collectivités, pour constituer un véritable lieu naturel d'échanges sur ces sujets.
Plusieurs initiatives et alternatives à la congestion existent dans le même temps : incitation au covoiturage, développement des transports en commun en connexion entre Paris et la banlieue, etc. L'État est pleinement mobilisé, vous le savez, puisque ce sont notamment près de 670 millions d'euros dans le cadre du plan de relance pour finaliser 100 % des projets de transports collectifs du contrat de plan État-région (CPER) Île-de-France d'ici à 2022 qui seront déployés.
Je précise par ailleurs, car cela a animé le débat public dernièrement, que la région peut, dans le cadre de cette conférence, faire part de ses souhaits et de ses attentes. Nous appelons donc à des échanges sereins entre collectivités et au sein des instances de dialogue existantes.
Mme le président. La parole est à Mme Catherine Dumas, pour la réplique.
Mme Catherine Dumas. Madame la secrétaire d'État, je vous redis la nécessaire évolution du mode de gouvernance du périphérique parisien.
Je vous remercie de bien vouloir transmettre cette demande au Gouvernement, en particulier à votre collègue Jean-Baptiste Djebbari, et lui indiquer que je suis à sa disposition pour en reparler.
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Catherine Dumas
Mobilisation répétée de certains équipements sportifs parisiens pour répondre aux besoins d'hébergement d'urgence
Risques nouveaux de diffusion de produits de contrefaçon par les agents d'intelligence artificielle
Exclusion des psychothérapeutes enregistrés au répertoire partagé des professionnels de santé du dispositif « Mon soutien psy »
Prolifération préoccupante des « fatbikes » à Paris