Étudiants sans master
Sonia de La ProvôtéUCI
Sénatrice — Calvados
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 23/09/2021Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Madame la sénatrice Sonia de La Provôté, vous le savez, je suis toujours très attentive aux travaux du Parlement en général, de la Haute Assemblée en particulier. Aussi, je me souviens parfaitement que, le 9 septembre dernier, nous avons célébré le cinquième anniversaire de la proposition de loi (PPL) de votre prédécesseur, M. Jean-Léonce Dupont, qui a proposé de manière sèche la sélection à l'entrée du master.
Ce texte s'est trouvé prolongé par la loi du 23 décembre 2016, qui a prévu, en même temps que la sélection, le droit à la poursuite d'études. Vous voyez que le « en même temps » a quelques années derrière lui et, probablement, quelques belles années devant lui aussi. (Exclamations ironiques sur de nombreuses travées.)
Alors, que faisons-nous depuis cinq ans ? Nous appliquons la loi.
Ce n'est pas un problème quantitatif qui se pose à nous ; vous vous préoccupez suffisamment de ce sujet pour le savoir. Chaque année, on compte 150 000 diplômés de licence générale et 170 000 places ouvertes en master.
Dès lors, madame la sénatrice, voici la question que je pose aux établissements, tout en me tenant évidemment à leurs côtés pour la résoudre : quelle insertion professionnelle offre-t-on à la sortie du master ?
Je vous rejoins sur un point : nous devons effectivement travailler sur la question de l'insertion professionnelle à la sortie de la licence. C'est bien ce que nous faisons : cette année, pour la première fois, nous créons des licences construites exclusivement sur des blocs de compétences produits par les entreprises qui vont ensuite recruter les jeunes diplômés de ces licences.
Cette année, on enregistre un peu plus de 7 300 demandes sur le portail national « Trouver mon master » ; il y en avait 8 100 l'année dernière. Nous avions créé 3 000 places supplémentaires l'année dernière ; nous en avons créé 4 400 cette année. Comme dans le cas de Parcoursup, nous accompagnons ces jeunes un par un.
M. Patrick Kanner. Tout va très bien, madame la marquise !
Mme Frédérique Vidal, ministre. Plus de 2 500 jeunes ont déjà trouvé une solution ; quant aux autres, il nous faut là encore les aider à accéder à un master, s'ils le souhaitent, à condition qu'on puisse ensuite les insérer professionnellement. (M. François Patriat applaudit.)
M. Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement. Bravo !
M. le président. La parole est à Mme Sonia de La Provôté, pour la réplique.
Mme Sonia de La Provôté. Vous l'avez bien souligné, madame la ministre : une vraie question se pose quant au contenu des licences.
Cela dit, quand vous affirmez appliquer la loi depuis cinq ans, il n'empêche qu'on est face à un véritable problème d'anticipation : on est passé de 2,4 millions d'étudiants en 2013 à plus de 2,8 millions lors de cette rentrée-ci. Il y a fort à parier que le nombre de diplômés de licence augmentera encore beaucoup cette année.
La question qui se pose est en réalité celle de l'urgence, faute d'anticipation. En dehors de l'augmentation du nombre de places, qu'allez-vous proposer, de façon rapide et effective, pour que les universités puissent prendre en charge le surcroît de licenciés qui chercheront un master à l'issue de la présente année universitaire et, comme cette année et les années précédentes, ne trouveront pas de solution ? (Applaudissements sur les travées du groupe UC.)
Source : senat.fr ↗
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