Règles prudentielles de trésorerie des opérateurs de recherche
J Jean-Pierre MogaUC Sénateur — Lot-et-GaronneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 19/01/2022M. Jean-Pierre Moga. Ma question a trait aux règles prudentielles de trésorerie des opérateurs de recherche.
Qu'il s'agisse des dispositions de la loi du 24 décembre 2020 de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030 et portant diverses dispositions relatives à la recherche et à l'enseignement supérieur, des crédits de la mission « Recherche et enseignement supérieur » du budget de l'État ou des crédits du plan de relance, force est de constater que, si elles n'ont pas produit de choc budgétaire en faveur de la recherche, ces mesures étaient attendues et sont bienvenues.
Par ailleurs, depuis deux ans, j'attire l'attention, avec mes collègues de la commission des affaires économiques du Sénat, sur les règles prudentielles excessives de la comptabilité publique pesant sur la trésorerie des opérateurs de recherche. De telles règles privent en effet la recherche française de centaines de millions d'euros de financements, qui seraient pourtant, eux aussi, les bienvenus.
C'est, en particulier, le cas d'une norme obligeant à provisionner une somme correspondant à la totalité des comptes épargne temps et des congés payés, comme s'ils allaient être demandés en même temps par tous les collaborateurs. Cette norme n'est pas adaptée aux organismes de recherche, ces sommes ne bénéficiant aucunement à la recherche ! Il conviendrait donc de l'ajuster pour financer des dépenses de pré-maturation, des recherches interdisciplinaires et davantage de postes de doctorants.
Ainsi, je souhaiterais qu'une information précise soit communiquée par le Gouvernement aux parlementaires sur le niveau de trésorerie détenu par les grands opérateurs de recherche, afin d'évaluer le manque à gagner de la recherche française.
Madame la ministre, pouvez-vous également me donner des informations relatives à des assouplissements des normes prudentielles en question, comme vous vous y êtes engagée lors d'une audition devant la commission de la culture en 2020 ?
Mme le président. La parole est à Mme la ministre.
Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Monsieur le sénateur Jean-Pierre Moga, je partage votre analyse selon laquelle les règles prudentielles sont parfois très contraignantes. Un décret financier est d'ailleurs en cours de préparation pour accompagner la modernisation de la gestion des opérateurs de mon ministère. La question de la comptabilité des normes de provision sur les différents dispositifs relatifs aux ressources humaines que vous mentionnez pourra être envisagée dans ce cadre. Les travaux d'instruction à ce sujet sont déjà en cours.
Vous le savez, la masse salariale des établissements publics à caractère scientifique et technologique (EPST) est comptabilisée hors titre 2, à l'instar de l'ensemble des opérateurs de l'État, ce qui nécessite un cadre rigoureux, afin que ces organismes disposent de tous les leviers nécessaires pour piloter les dépenses de ressources humaines.
En ce qui concerne la trésorerie des organismes de recherche et des EPST, mes services vous transmettront, si vous le souhaitez, les données demandées. En tant que rapporteur pour avis des crédits de la mission « Recherche et enseignement supérieur » pour la commission des affaires économiques du Sénat, vous auriez pu les demander dans le cadre du traditionnel questionnaire budgétaire annuel adressé par le Sénat à mes services, mais, le débat budgétaire n'ayant pas pu avoir lieu en séance publique devant la Haute Assemblée, nous n'avons pas été saisis de cette requête.
Vous avez eu raison de rappeler ce qu'a apporté la loi de programmation de la recherche ; ce fut un véritable choc budgétaire et, pour la première fois, une garantie de financement, après plus d'une dizaine d'années de gel de l'effort de l'État en matière de recherche. Quelque 19 milliards d'euros devaient être engagés, en application de la loi du 18 avril 2006 de programme pour la recherche, dite Goulard, mais cela n'a pas été fait par le gouvernement Fillon…
Néanmoins, plutôt que de vous renvoyer à ce qui n'a pas été fait voilà dix ans, je vous remercie, ainsi que la Haute Assemblée, d'avoir permis, en adoptant ce projet de loi, de réarmer notre recherche.
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Jean-Pierre Moga
Déremboursement de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques
Tarifs de revente de l'électricité produite par les panneaux solaires
Budget du logement en vue du vote du budget 2024
Projet d'un nouveau congé parental mieux indemnisé et plus court