Dotation globale de fonctionnement de la ville de Saint-Saulve
F Frédéric MarchandRDPI Sénateur — NordLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/12/2021M. Frédéric Marchand. Madame la ministre, je souhaite ce matin attirer l'attention du Gouvernement sur la situation financière de la commune de Saint-Saulve, dans le département du Nord. Celle-ci bénéficie certes d'une attribution de compensation de la taxe professionnelle légèrement supérieure à la moyenne de la strate, mais elle a supporté intégralement la charge d'une zone industrielle jusqu'en 2018, alors que le doublement du taux de la taxe professionnelle par la communauté d'agglomération Valenciennes Métropole profite exclusivement à cette dernière.
Sans bien évidemment remettre en cause le bien-fondé des intercommunalités, il faut remarquer que le transfert de la compétence « développement économique » à l'agglomération a suscité une perte de recettes pour la ville de Saint-Saulve de près de 15 millions d'euros depuis 2001, signe, par ailleurs, de l'attractivité de la zone aménagée à l'origine par la commune.
La fixité de cette attribution les a donc fortement pénalisés, d'autant plus que la taxe professionnelle perçue à l'origine par la ville a permis la construction de nombreux équipements publics au profit de sa population : salles de sport à proximité de chaque école, piscine, boulodrome, crèche, parcs publics, entre autres investissements.
L'attribution de compensation, figée depuis 2001, ne permet plus aujourd'hui de couvrir les frais nécessaires à l'entretien de ce patrimoine, qui se détériore progressivement.
Le ratio de dépenses d'équipement de 147 euros par habitant, contre 310 euros en moyenne pour les communes de même strate, montre la maigre capacité à investir, donc à entretenir ces infrastructures.
Il est en outre difficile de comprendre que la dotation forfaitaire tienne ainsi compte ainsi du poids du passé quand on sait que le montant de la DGF (dotation globale de fonctionnement) pour Saint-Saulve est passé de 1,2 million d'euros en 2013 à 250 000 euros en 2021, bien loin, donc, de compenser la perte de recettes issues de la taxe professionnelle.
La commune de Saint-Saulve a atténué les conséquences de ses bases élevées en appliquant un taux de fiscalité plus faible, ce qui en définitive la pénalise dans l'attribution de la DGF.
Aussi, par mesure d'équité, il serait pertinent que l'État prenne en compte le produit fiscal des communes, et non pas simplement le taux de fiscalité, afin de parvenir assurément à une plus juste appréciation et, sans doute, à une réévaluation des dotations accordées à la ville.
Ce cas n'étant pas isolé, je demande donc au Gouvernement que des mesures soient prises pour mettre un terme à des situations plus que pénalisantes. Plus précisément, madame la ministre, la refonte du mode de calcul des dotations est-elle à l'ordre du jour ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre.
Mme Annick Girardin, ministre de la mer. Monsieur le sénateur Frédéric Marchand, je vous prie de bien vouloir excuser mon collègue Joël Giraud, qui est absent pour les raisons que vous connaissez et qui m'a demandé de vous faire part de sa réponse.
Le Gouvernement a bien connaissance du cas de Saint-Saulve, une commune en bonne santé financière, où la DGF est bien inférieure à la moyenne.
Cette situation doit être mise en perspective. Ainsi, la baisse massive vient non pas de ce gouvernement, mais d'une décision appliquée entre 2013 et 2017 pour redresser les comptes publics. Les variations de DGF observées depuis 2017, moins importantes, résultent, elles, des critères de calcul votés dans la loi.
Trois paramètres entrent en jeu dans ce cas de figure.
Tout d'abord, il y a le potentiel financier, qui rend compte de la capacité de la commune à mobiliser son levier fiscal. En réalité, ce critère ne fait pas intervenir le taux choisi par la commune.
Ensuite, il y a l'effort fiscal de la commune, qui, lui, fait intervenir le taux. Cependant, les modalités de calcul de ce critère neutralisent le caractère surévalué des bases : ainsi, il se trouve que Saint-Saulve a un effort fiscal supérieur de 9 % à celui des communes de sa strate et n'est donc pas pénalisée.
Enfin, il y a le poids de l'histoire : la DGF est un objet ancien, constitué par stratification successive de réformes. C'est en partie ce qui explique la faiblesse de la part forfaitaire de la DGF de Saint-Saulve.
Sur ce dernier point, je rejoins votre constat, il faut une réforme d'ampleur, mais c'est un exercice complexe qui fera, certes, des gagnants, mais aussi des perdants. Le Président de la République a appelé les associations d'élus à formuler des propositions consensuelles sur ce sujet dès 2017. C'est un chantier que personne n'a jamais mené et qui est devant nous.
S'agissant de l'attribution de compensations, la loi autorise déjà une commune et son intercommunalité à s'entendre pour réviser son montant. Saint-Saulve a donc la possibilité de travailler avec la communauté d'agglomération de Valenciennes Métropole sur ce sujet.
Source : senat.fr ↗
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