Conditions de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle pour les tornades
S Serge BabaryLes Républicains Sénateur — Indre-et-LoireLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/12/2021M. Serge Babary. Ma question porte sur les conditions de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle des communes ayant subi des dommages provoqués par les effets de vents cycloniques.
Le 19 juin 2021, les communes de Saint-Nicolas-de-Bourgueil et de Bourgueil ont été traversées par une tornade d'une puissance exceptionnelle. L'observatoire français Keraunos a enregistré des vents oscillant entre 175 kilomètres par heure et 220 kilomètres par heure. Si aucune victime n'est à déplorer, les dégâts matériels sont considérables.
À Saint-Nicolas-de-Bourgueil, commune d'un peu moins de 1 200 habitants, le clocher de l'église et le toit de la salle des fêtes ont été détruits. Une centaine d'habitations a été touchée, sans compter les chais, hangars et dépendances. Les vignes et la forêt ont été dévastées.
En juillet dernier, le ministre de l'intérieur a pourtant refusé de reconnaître à cet événement l'état de catastrophe naturelle.
En effet, l'intensité anormale de l'agent naturel ne serait pas caractérisée. Pour qu'elle le soit, les vents maximaux enregistrés ou estimés doivent avoir atteint ou dépassé 145 kilomètres par heure en moyenne pendant dix minutes ou 215 kilomètres par heure en rafales. Ces critères limitent le bénéfice de la garantie à l'outre-mer situé en zone tropicale et exposé au risque cyclonique.
À défaut d'une reconnaissance d'état de catastrophe naturelle, les dommages sont indemnisés au titre de la garantie tempête, grêle, neige prévue par les contrats d'assurance des biens. De nombreux dégâts, tels que ceux qui sont subis par les routes, ouvrages, réseaux électriques, vignes et forêts, sont exclus de toute indemnisation.
Ce type de phénomène cyclonique est pourtant destiné à s'intensifier, en raison notamment du réchauffement climatique.
Lors d'un entretien à l'Élysée, mes collègues Pierre Louault, Isabelle Raimond-Pavero et moi-même avons saisi le Président de la République de cette question.
Madame la ministre, le Gouvernement envisage-t-il de modifier les critères applicables, afin d'ouvrir le bénéfice de cette garantie aux communes de métropole victimes de vents cycloniques ? Par ailleurs, quelles mesures particulières prendra-t-il pour aider ces deux communes et leurs habitants à reconstruire leurs villes ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée.
Mme Roxana Maracineanu, ministre déléguée auprès du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, chargée des sports. Monsieur le sénateur Babary, l'événement qui a frappé Saint-Nicolas-de-Bourgueil le 19 juin dernier ne constitue effectivement pas un épisode de vents cycloniques couvert par la garantie catastrophes naturelles au sens de l'article L. 122-7 du code des assurances.
En effet, les vents n'étaient pas associés à un cyclone tropical, et leurs vitesses n'ont pas atteint les seuils fixés par la loi, qui correspondent à des cyclones de catégorie 4 ou 5. C'est la raison pour laquelle la demande de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle de Saint-Nicolas-de-Bourgueil a été rejetée.
En revanche, les dégâts sur les biens assurés des particuliers, des entreprises et des collectivités causés par des vents violents et par la grêle sont couverts par leur contrat d'assurance au titre de la garantie tempête, grêle, neige (TGN).
La garantie tempête, rendue obligatoire dans l'ensemble des contrats d'assurance dommage par le législateur, permet aux sinistrés d'être indemnisés par leur assureur sans qu'une intervention préalable des pouvoirs publics soit nécessaire. Ces phénomènes, qualifiés d'« assurables », car ils peuvent se produire sur l'ensemble du territoire national, sont indemnisés exclusivement par les assureurs. L'État n'intervient donc pas dans le déclenchement de leur prise en charge.
Les habitants de Saint-Nicolas-de-Bourgueil sinistrés par la tornade du 19 mai dernier sont donc indemnisés directement par leur assureur sur le fondement de la garantie tempête.
L'État mobilise par ailleurs d'autres dispositifs d'aide au profit de certaines catégories de sinistrés, tels que le régime des calamités agricoles ou le dispositif de dotation de solidarité en faveur des collectivités territoriales.
Ces différents dispositifs, adaptés aux caractéristiques des phénomènes naturels et à la situation particulière de chaque catégorie de sinistrés, permettent une indemnisation efficace des victimes d'un événement météorologique intense.
Source : senat.fr ↗
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