Situation de l'hôpital
Béatrice GosselinLes Républicains
Sénatrice — Manche
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 09/12/2021M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. Je vous remercie de cette question très factuelle, madame la sénatrice Gosselin. Vous l'avez introduite en évoquant plusieurs constats, que je partage.
Effectivement, notre Hôpital – avec un grand « H » – est soumis à une forte pression depuis des années, pour ne pas dire des décennies, cette pression étant exacerbée par la cinquième vague de covid-19.
Vous l'avez souligné, des plans blancs sont déclenchés dans certains territoires. Je vous indique que de tels plans vont être activés dans les prochaines heures à l'échelle régionale, en raison d'un afflux massif de patients atteints du covid-19.
J'ai déjà rappelé les chiffres : un malade atteint de forme grave entre en réanimation à l'hôpital toutes les dix minutes et, pratiquement chaque minute, un nouveau malade est hospitalisé quelque part en France en raison d'une forme symptomatique du covid-19. C'est la raison pour laquelle nous mettons l'accent sur la vaccination.
Dans ce contexte, nos soignants nous rappellent qu'ils étaient là pour la première vague, la deuxième, la troisième, la quatrième. Ils nous disent qu'ils sont fatigués, qu'ils tiennent bon, mais que c'est très compliqué, et qu'il faut déprogrammer des interventions. Nous connaissons cela, hélas ! madame la sénatrice.
Nous faisons face à une crise exceptionnelle, qui vient se surajouter à un état de tension dû, vous l'avez dit vous-même, à une pénurie de soignants, notamment de médecins, liée au numerus clausus. Vous avez aussi rappelé que nous avons supprimé le numerus clausus et vous avez eu raison d'indiquer que cela n'apporterait pas de solutions immédiates.
Mais nous améliorons tout ce qu'il nous est possible d'améliorer s'agissant du lien entre ville et hôpital, entre sanitaire et médico-social. Nous réduisons la charge administrative et tout ce qui n'est pas de portée médicale ou lié aux soins dans le quotidien des soignants. Nous faisons monter en compétences certains personnels non médicaux ; vous avez ainsi pu voter au Sénat un accès direct aux kinésithérapeutes, aux orthophonistes, la possibilité pour les orthoptistes de prescrire des lunettes, etc. Nous multiplions par deux le nombre des maisons et des centres de santé, des centaines de communautés professionnelles territoriales de santé ont vu le jour sur l'ensemble du territoire et l'activité de télémédecine a centuplé en deux ans.
Vous voyez donc, madame la sénatrice Gosselin, que nous mettons en œuvre toutes les solutions possibles.
En revanche, il n'y a pas de fuite de l'hôpital ou de démissions en masse. Nos hôpitaux comptent aujourd'hui plus de soignants qu'il y a deux ans – c'est un fait –, mais en raison de la charge de travail, du mouvement de réorganisation et de l'augmentation pérenne du nombre de lits de réanimation, cet accroissement ne suffit pas pour répondre à la demande.
Chaque fois que des difficultés sont recensées – vous avez cité celles que rencontre le service des urgences de votre hôpital du fait d'une pénurie de médecins urgentistes, pénurie qui est d'ailleurs nationale –, nous identifions localement, avec l'ensemble des acteurs concernés, des solutions en matière d'attractivité. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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