Accompagnement des enfants handicapés hors temps scolaire
J Jean-Pierre MogaUC Sénateur — Lot-et-GaronneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 09/12/2021M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports. Monsieur le sénateur Jean-Pierre Moga, je partage bien entendu la vision que vous avez exposée : nous voulons tous une école inclusive, prenant en compte l'ensemble des temps de l'enfant, c'est-à-dire le temps scolaire et le temps périscolaire.
Une telle école suppose aussi une réalité humaine, car il faut, si possible, que l'AESH soit le même tout au long de la journée, de la semaine, voire de l'année. C'est d'ailleurs l'un des objectifs que nous avons cherché à atteindre en pérennisant le statut des AESH. Pratiquement tous disposent désormais de contrats à durée déterminée ou indéterminée, et non plus de contrats aidés, comme par le passé.
Dans ce contexte et avec cette volonté, l'arrêt du Conseil d'État soulève effectivement des questions particulières.
Bien entendu, je ne saurai le commenter ou le critiquer. Par définition, le Conseil d'État donne un état du droit. Sa lecture est par ailleurs assez cohérente et nul doute que vous respectiez aussi cette décision, monsieur le sénateur, puisqu'il s'agit de tirer les conséquences du fait que les collectivités locales ont la compétence sur le temps méridien. Il est donc assez normal de considérer que l'État est responsable sur le temps scolaire et la collectivité sur le temps périscolaire. Néanmoins, il faut faire en sorte que les conséquences ne soient pas nuisibles pour l'enfant.
Sur un plan strictement juridique, on peut envisager différents montages : un contrat avec l'État, assorti d'une mise à disposition auprès de la collectivité locale ; un contrat avec la collectivité locale, complémentaire du contrat passé avec l'État ; un contrat conjoint avec l'État et la collectivité locale. Cela pourrait engendrer une certaine complexité, mais notre nouvelle organisation au plus près du terrain, à travers les pôles inclusifs d'accompagnement localisés – ou PIAL – me semble à même de nous permettre de trouver des solutions pragmatiques.
Au-delà des enjeux juridiques, il y a bien évidemment des enjeux financiers. Jacqueline Gourault, ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, et moi-même avons la ferme intention de trouver des solutions à ce problème, en concertation avec l'ensemble des représentants des collectivités.
Bien entendu, notre objectif est qu'il n'y ait pas de rupture sur le terrain, y compris au mois de janvier prochain. Aucun enfant ne doit se trouver dans une situation désavantageuse du fait de cette nouvelle définition juridique. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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