Wokisme dans l'enseignement supérieur
Jean HingrayUCI
Sénateur — Vosges
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 16/12/2021Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Monsieur le sénateur Hingray, reprenons une vue d'ensemble sur ces sujets importants.
L'université est au cœur de nos sociétés. Elle n'est pas étanche aux courants qui la traversent. (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.) Elle ne les génère pas, elle les analyse, parfois au prix de débats et de controverses, comme il est normal, car la controverse fait avancer la connaissance et l'évaluation scientifique est faite par les pairs.
Mais depuis trop longtemps, nous voyons dans les établissements des événements perturbés sur le fondement de motifs partisans, idéologiques, ou de toute forme d'extrémisme. Nous voyons aussi des intitulés d'enseignement montés en épingle, au mépris du travail des enseignants-chercheurs. Nous voyons des enseignants-chercheurs et des doctorants empêchés dans leurs travaux, et ce quelle que soit leur discipline ou leur sensibilité.
Plusieurs sénateurs du groupe Les Républicains. Et donc ?
Mme Frédérique Vidal, ministre. Le Sénat ne s'y est pas trompé, puisque, en octobre 2021, la mission d'information sur les influences extraeuropéennes sur la préservation des libertés académiques, présidée par Étienne Blanc, et dont le rapporteur était André Gattolin, a souligné le risque qui pesait sur les libertés académiques à cause des atteintes à l'intégrité scientifique.
De la même façon, à la suite des propositions de l'Opecst (Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques) et à l'amendement du sénateur Ouzoulias sur la LPR (loi de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030 et portant diverses dispositions relatives à la recherche et à l'enseignement supérieur), nous avons refondu le cadre réglementaire de l'intégrité scientifique pour garantir la qualité des travaux.
Ma main n'a jamais tremblé, chaque fois qu'il a fallu envoyer une inspection générale, chaque fois qu'il a fallu aider des établissements à se faire évacuer. Cela faisait longtemps, malheureusement, que les mains tremblaient trop.
Enfin, l'inspection générale a mis en place une mission permanente d'appui aux établissements. Chaque fois que les libertés académiques ne sont pas respectées, ou que des événements sont perturbés, cela permet de mettre fin à ces dysfonctionnements. (Mme Nadège Havet et M. François Patriat applaudissent.)
M. le président. La parole est à M. Jean Hingray, pour la réplique.
M. Jean Hingray. D'abord, madame la ministre, je suis heureux que nous partagions le même constat. J'espère que votre main n'a pas tremblé lorsque vous avez signé la proposition de nomination du nouveau directeur de Sciences Po, et que le ménage sera fait dans cette institution !
Ce sont tout de même les impôts des contribuables français qui financent l'enseignement supérieur, et ce sont encore les députés et les sénateurs qui choisissent les orientations budgétaires. Or nous attendons que les valeurs de la France et les Français soient enfin respectés dans ces institutions. (Vifs applaudissements sur les travées des groupes UC et Les Républicains. – MM. Emmanuel Capus et Daniel Chasseing applaudissent également.)
Source : senat.fr ↗
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