Déclarations du Président de la République
Bruno RetailleauLes Républicains
Sénateur — Vendée
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 06/01/2022M. Jean Castex, Premier ministre. Monsieur le président Retailleau, permettez-moi d'abord de vous souhaiter, très chaleureusement et très sincèrement, ainsi qu'à l'ensemble du Sénat, une bonne année.
Évidemment, je ne suis pas tout à fait surpris de votre question. (Exclamations amusées.) Si vous le voulez bien, je vais me placer au fond du sujet. (Protestations sur les travées du groupe Les Républicains.) Mais oui !
Cher président, comme moi, vous aimez l'histoire. Vous savez bien que ces termes, que vous ne voulez pas prononcer, l'ont déjà été par… (Protestations et quelques huées sur les mêmes travées. – M. Laurent Burgoa fait un signe de dénégation.) Mais oui !
Au fond, quel est le sujet ?
Il s'agit de la politique que nous conduisons pour faire face à la crise sanitaire. Au moment où notre pays est confronté de nouveau – ai-je besoin de le rappeler au Sénat ? – à une vague d'une forte ampleur, au moment où nos hôpitaux et nos soignants sont confrontés – vous le savez – à une situation extrêmement difficile, oui, mesdames, messieurs les sénateurs, nous avons une difficulté – nous ne cessons de le dire – avec celles et ceux de nos concitoyens qui ne sont pas vaccinés. (Protestations et interpellations sur les travées du groupe Les Républicains.)
Oui, nous avons l'impérieuse nécessité – nous le faisons depuis des mois – de faire progresser la vaccination dans ce pays. (Exclamations sur de nombreuses travées.)
Mme Cathy Apourceau-Poly. Vous braquez les non-vaccinés ! La situation est encore pire !
M. Jean Castex, Premier ministre. Mesdames, messieurs les sénateurs je vous entends, mais, comme vous – je n'en doute pas –, je vais sur le terrain.
Vous avez bien voulu faire allusion, cher président Retailleau, à mes anciennes fonctions de maire : quand, comme vous, je me rends très régulièrement dans les services de soins critiques, ce qu'a dit le Président de la République,…
Mme Sophie Primas. C'est indigne !
M. Jean Castex, Premier ministre. … je l'entends partout. (Protestations indignées sur les travées du groupe Les Républicains.) Mais bien sûr que oui ! (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Vous le savez, il y a une forme d'exaspération de nos concitoyens (Protestations continues sur les travées du groupe Les Républicains.) à se voir imposer un certain nombre de contraintes, alors que d'autres font le choix de s'en affranchir, avec toutes les conséquences que cela a.
Cher président Retailleau, un point m'a agréé dans votre question : vous avez dit que vous voteriez le projet de loi. Les propos du Président de la République s'inscrivent en parfaite cohérence avec ce que nous faisons (Protestations vives et indignées sur les travées du groupe Les Républicains.) – et vous le savez ! –, c'est-à-dire pousser à la vaccination et responsabiliser toujours davantage celles et ceux de nos concitoyens qui s'y refusent.
C'est capital, y compris pour contrer l'exaspération légitime de ceux – ils sont immensément nombreux – qui font l'effort de se conformer aux règles de la vie civique.
Mme Sophie Primas. Ce n'est pas le cas du Président de la République !
M. Jean-François Husson. On n'insulte pas les Français !
M. Jean Castex, Premier ministre. Monsieur le président Retailleau, nous proposons un texte qui va dans ce sens, qui transformera le passe sanitaire en passe vaccinal. Je constate avec regret que l'on a l'air de se servir de tout motif pour en retarder l'examen. (Bronca sur les travées du groupe Les Républicains. – Mme Sylviane Noël martèle son pupitre.)
Cher président, il faut que nous reprenions la marche des choses. Ce texte est un outil majeur – ce n'est pas le seul – pour lutter contre cette pandémie qui galope. (Protestations continues sur les travées du groupe Les Républicains, qui couvrent la voix de M. le Premier ministre.)
Je le dis au Sénat : nous avons besoin de ce texte et je ne comprends pas les obstructions au fond.
M. Roger Karoutchi. Nous ne parlons pas du texte !
M. Jean Castex, Premier ministre. Monsieur le président du Sénat, j'ai consulté les groupes parlementaires de l'Assemblée nationale et du Sénat. Un consensus – non pas global et certes assorti de nuances – s'est dégagé. Nous devons le capitaliser, parce que l'orientation est bonne. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. – Brouhaha sur les travées du groupe Les Républicains.)
Ne confondez pas : le fond est capital. J'ai besoin, la France a besoin de ce texte pour faire progresser la vaccination ! (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. – MM. Bernard Fialaire et Olivier Cadic applaudissent également. – Huées sur des travées du groupe Les Républicains.)
M. le président. La parole est à M. Bruno Retailleau, pour la réplique.
M. Bruno Retailleau. Monsieur le Premier ministre, vous avez répondu à côté de ma question.
Il y a quelques jours, dans une grande émission de télévision, Emmanuel Macron est venu nous dire, la main sur le cœur et la larme à l'œil, qu'il avait changé, qu'il avait compris les Français et qu'il avait appris à les aimer.
Un gros travail reste à faire. Ces mots-là ne sont pas un dérapage de plus, ils sont un outrage de trop ! (Bravo ! et applaudissements nourris sur les travées du groupe Les Républicains. – Mme Sonia de La Provôté, M. Hervé Maurey, Mme Angèle Préville et M. Hussein Bourgi applaudissent également.)
Source : senat.fr ↗
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