Situation et moyens de l'hôpital public
R Raymonde Poncet MongeGEST Sénatrice — RhôneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 27/01/2022M. Adrien Taquet, secrétaire d'État auprès du ministre des solidarités et de la santé, chargé de l'enfance et des familles. Madame la sénatrice Poncet Monge, les tensions à l'hôpital sont bien réelles, et elles ne sont pas nouvelles. Il est vrai qu'elles ont été amplifiées par la cinquième vague épidémique, avec le double impact des variants delta et omicron, sans parler des virus hivernaux.
Pour faire toute la lumière sur ces tensions, dont vous avez décrit certains contours, le ministre Olivier Véran avait demandé une enquête. Celle-ci a porté sur plus de 1 100 établissements. Elle a montré que la baisse globale de capacités était relativement légère. En matière de ressources humaines, elle révèle un absentéisme, en octobre et novembre, très légèrement supérieur à ce qui avait été constaté en 2019. Elle souligne enfin la diminution des effectifs réels, liée à des départs de soignants, reflétant des réalités différentes d'une profession à l'autre. Ces tensions ont bien sûr des impacts sur les services d'urgence.
Pour faire face à cette situation, des mesures structurelles sont nécessaires. Mais nous devons aussi apporter des réponses immédiates.
Le ministre a donc annoncé la prolongation jusqu'à la fin février du doublement de la majoration de rémunération des heures supplémentaires. C'est une juste reconnaissance de la mobilisation de nos professionnels de santé au cours des derniers mois.
Nous devons également veiller à ce que la mobilisation soit collective. Établissements de santé publics, privés, secteur ambulatoire : tous doivent prendre leur part dans cette période compliquée. Nous sommes particulièrement attentifs aux tensions sur les services d'urgence, de pédiatrie et de maternité. Vous avez évoqué les sages-femmes : les agences régionales de santé sont mobilisées et prêtes à mettre en place les mécanismes de solidarité territoriale nécessaires – mécanismes que vous avez votés dans le cadre de Ma santé 2022.
Vous avez parlé d'investissement. Il faut en effet des actions structurelles. Je rappelle à cet égard l'effort sans précédent qu'a représenté le Ségur de la santé : 30 milliards d'euros pour revaloriser les rémunérations de ceux qui soignent et réinvestir dans le système de santé, avec notamment 19 milliards d'euros pour l'investissement courant. (M. Alain Richard applaudit.)
M. le président. La parole est à Mme Raymonde Poncet Monge, pour la réplique.
Mme Raymonde Poncet Monge. Monsieur le secrétaire d'État, votre réponse montre que, décidément, vous ne pouvez pas porter une nouvelle politique de santé.
À Beaujon et Bichat comme dans le groupe hospitalier Nord Essonne, vous poursuivez les restructurations et les suppressions de postes. Une réforme radicale du système de santé est nécessaire, et les soignants y invitaient dès 2018. Vous ne l'avez pas entreprise.
Nous devons donner des perspectives nouvelles à un personnel qui nous rappelle sans cesse que le soin ne sera jamais une marchandise. (Applaudissements sur les travées du groupe GEST. – Mmes Esther Benbassa et Émilienne Poumirol ainsi que M. Patrice Joly applaudissent également.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Raymonde Poncet Monge
Gestion d'urgence des pics de chaleur à venir et leur impact sur les personnes précaires
Suspension de l'éligibilité des Gazaouis au programme national d'accueil en urgence des scientifiques et des artistes en exil
Livraison de matériaux militaires à Israël au regard des obligations du droit international
Actions et inactions de la France concernant la situation en Palestine au regard des obligations du droit international