Situation en Iran
J Joël GuerriauLes Indépendants Sénateur — Loire-AtlantiqueLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 17/02/2022M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Monsieur le sénateur Joël Guerriau, vous avez raison de rappeler l'importance, l'enjeu, que représentent les négociations qui se sont rouvertes pour un nouveau cycle à Vienne il y a maintenant deux mois et demi, après un autre cycle de plusieurs mois. C'est un travail diplomatique harassant et je voudrais en profiter pour saluer nos diplomates qui sont à l'œuvre pour préserver nos intérêts et ceux de l'Europe.
Nous arrivons, vous l'avez dit, à l'heure de vérité. Si l'on veut que l'Iran respecte ses engagements en matière de non-prolifération, qu'en échange les États-Unis lèvent les sanctions, que des bénéfices en soient tirés, il faut de la substance. Plus le temps passe et plus l'Iran accélère ses procédures nucléaires, moins il y a d'intérêt pour les parties à rejoindre le JCPoA (Joint Comprehensive Plan of Action – plan d'action global commun).
Nous en sommes aujourd'hui à un point de bascule. Ce n'est pas une question de semaines, monsieur le sénateur, c'est une question de jours !
Nous avons trouvé, entre les membres de ce qu'on appelle les E3 – la Grande-Bretagne, l'Allemagne et la France –, la Chine, la Russie et les États-Unis, un point de convergence suffisamment significatif pour permettre un accord. Et je dois vous dire, monsieur le sénateur, qu'un accord est à portée de main.
Nous avons maintenant besoin que les Iraniens prennent une décision politique. Le choix qui se présente aujourd'hui à eux est très clair : soit ils déclenchent dans les jours à venir une crise grave – on pourrait s'en passer ! –, soit ils acceptent cet accord, qui respecte les intérêts de toutes les parties, singulièrement ceux de l'Iran. (Applaudissements sur des travées des groupes RDPI et INDEP.)
M. le président. La parole est à M. Joël Guerriau, pour la réplique.
M. Joël Guerriau. Monsieur le ministre, nous devons tirer des leçons de ce qui s'est passé. C'est la rupture unilatérale de l'accord par les États-Unis en 2018 qui nous a mis dans cette situation. On peut d'ailleurs faire un lien avec la décision américaine, là aussi unilatérale, de quitter l'Afghanistan.
Nous devons nous interroger sur cette manière de procéder et cela doit nous amener à tout faire pour que l'Europe ait une stratégie indépendante, qui nous permette de nous affirmer afin d'éviter de revivre la situation que nous connaissons aujourd'hui. (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP. – MM. Martin Lévrier et Jean-Marie Vanlerenberghe applaudissent également.)
Source : senat.fr ↗
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