Politique du Gouvernement vis-à-vis des entreprises
Isabelle BriquetSER
Sénatrice — Haute-Vienne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 17/02/2022Mme Olivia Gregoire, secrétaire d'État auprès du ministre de l'économie, des finances et de la relance, chargée de l'économie sociale, solidaire et responsable. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, c'est un plaisir de vous retrouver. J'ai l'honneur de représenter Bruno Le Maire, retenu à Toulouse, où il se trouve avec le Président de la République pour parler politique spatiale. (Mme Sophie Primas ironise.)
Madame Briquet, vous parlez de cadeaux fiscaux, je vais parler de défense de notre souveraineté, de nos entreprises, et de soutien aux salariés et à l'emploi.
Oui, nous réduisons les impôts de production, dans des proportions historiques. Oui, nous avons baissé le taux de l'impôt sur les sociétés, désormais à 25 %. Oui, nous avons transformé le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) en baisses de charges. Oui, nous avons réformé le droit du travail. Oui, nous avons rendu pas moins de 26 milliards d'euros aux entreprises et à peu près autant aux ménages, comme Olivier Dussopt vient de le rappeler.
Pour autant, je ne parle pas là de cadeaux ; je parle d'investissements. Gardons-nous des raccourcis, malgré le peu de temps dont je dispose pour vous répondre. Il est important que nos entreprises profitent de la croissance, qu'elles fassent des bénéfices. Il importe aussi, et je vous remercie de l'avoir dit vous-même, que les actionnaires touchent des retours sur leurs investissements. Cela s'appelle un dividende, et cela rémunère le risque pris en investissant.
Mme Isabelle Briquet. Zéro risque !
Mme Olivia Gregoire, secrétaire d'État. Je n'oublie jamais que, sans investissement, il n'y a pas d'emploi. Vous parliez de pouvoir d'achat : celui-ci ne saurait augmenter sans investissement.
Vous parliez de cadeaux. Je dirais plutôt que nous avons investi. Au cours de la période difficile que nous avons traversée, pas moins de 240 milliards d'euros ont été consacrés à la protection de nos entreprises, de nos salariés. Vous êtes nombreux à reconnaître de bonne foi que nous pouvons être fiers de ce choix.
Nous avons engagé sur les territoires, à l'heure actuelle, 72 milliards d'euros sur les 100 milliards d'euros prévus par le plan de relance. Pour avoir siégé trois ans à la commission des finances de l'Assemblée nationale, je sais qu'il faut être précis : à ces crédits sont attachées des obligations, et les entreprises ayant bénéficié du plan de relance doivent formuler un bilan d'émissions de gaz à effet de serre (Beges). C'est l'une des conditions attachées au plan de relance, qui a été adopté par le Parlement. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à Mme Isabelle Briquet, pour la réplique.
Mme Isabelle Briquet. Depuis cinq ans, vous prenez le ruissellement comme outil redistributif. Pourtant, force est de constater qu'en cette fin de quinquennat le pouvoir d'achat des Français est à sec et que la cohésion sociale se fissure. (Applaudissements sur les travées du groupe SER. – M. Daniel Salmon applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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