Gestion des boues des stations d'épuration
Jean-Claude AnglarsLes Républicains
Sénateur — Aveyron
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 03/08/2022M. Jean-Claude Anglars. Les collectivités territoriales gestionnaires de la compétence assainissement sont confrontées à la problématique de la gestion des boues des stations d'épuration, particulièrement à la question de l'hygiénisation des boues.
Les acteurs s'inquiètent de l'évolution réglementaire en cours, censée définir les modalités de stockage et d'épandage des effluents pour les unités de méthanisation sous statut d'installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE).
En effet, dans le contexte de la crise sanitaire, plusieurs arrêtés portant sur la gestion des boues d'épuration urbaine ont créé de nouvelles contraintes pour les services d'assainissement des collectivités territoriales, comme l'impossibilité de l'épandage agricole pour les boues liquides non hygiénisées.
Or les collectivités doivent avoir la visibilité nécessaire pour s'adapter aux modifications réglementaires à venir, relatives aux systèmes de traitement des boues, notamment pour répondre aux futurs critères d'innocuité et évoluer vers la siccité qui pourrait être requise.
Par ailleurs, dans les départements ruraux, comme l'Aveyron, où 90 % des boues de stations d'épuration sont épandues en agriculture – ce procédé reste le plus vertueux, le plus durable et le plus économique –, les collectivités expriment de fortes inquiétudes quant aux importants surcoûts de traitement que vont entraîner les modifications à mettre en œuvre.
Madame la secrétaire d'État, quelles sont les modifications réglementaires envisagées concernant la gestion des boues pour les services d'assainissement collectif ? En parallèle, quelles mesures le Gouvernement entend-il prendre pour accompagner les collectivités dans la mise en conformité de la gestion des boues des stations d'épuration, et selon quel calendrier ?
Mme la présidente. La parole est à Mme la secrétaire d'État.
Mme Dominique Faure, secrétaire d'État auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargée de la ruralité. Monsieur le sénateur Anglars et cher voisin (Sourires.), vous avez interrogé ma collègue Caroline Cayeux, ministre déléguée chargée des collectivités territoriales ; ayant dû s'absenter, elle m'a confié le soin de vous répondre.
La gestion durable des boues de stations d'épuration est essentielle au bon fonctionnement de ces infrastructures et donc à la protection des milieux aquatiques, des zones de baignade ou encore, par exemple, de la conchyliculture.
La réglementation encadrant l'épandage des boues date de 1998 : les nouvelles connaissances scientifiques et techniques acquises depuis lors justifient de renforcer les exigences de qualité des boues d'épuration destinées à une valorisation agronomique en agriculture.
Il est indispensable d'accroître ces exigences pour mieux protéger les sols, mieux protéger la ressource en eau et maintenir une relation de confiance entre les producteurs de boues, les exploitants agricoles et les consommateurs. L'intention du Gouvernement est donc bien de pérenniser cette filière vertueuse sur les plans environnemental et économique conformément aux ambitions de la France, que traduit la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire.
L'amélioration de la résilience de cette filière a subi de plein fouet les conséquences de la pandémie de covid-19 ; elle n'en est pas moins souhaitable. À ce titre, France Relance a ciblé une aide spécifique aux collectivités territoriales pour faciliter l'hygiénisation des boues et donc leur valorisation.
Par ailleurs, le Gouvernement vient de saisir le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) pour obtenir une analyse du risque sanitaire, au regard de l'épidémie et des restrictions actuelles.
Les discussions sur les projets de textes fixant le futur socle commun d'innocuité aux matières fertilisantes et supports de culture se poursuivent avec les acteurs concernés, notamment les services publics industriels et commerciaux (SPIC) de l'eau, sous le pilotage du ministère de l'agriculture. Marc Fesneau – je n'en doute pas – saura prendre en considération leurs préoccupations.
Pour répondre à ces nouveaux référentiels, il nous faudra améliorer la qualité des boues. La priorité est de diminuer certaines pollutions rejetées dans les réseaux d'assainissement, effluents d'activités industrielles et artisanales ou contaminants présents dans les eaux pluviales du fait de leur ruissellement sur des surfaces souillées.
Pour actionner ces différents leviers, les agences de l'eau constituent un partenaire financier essentiel…
Mme la présidente. Madame la secrétaire d'État, votre temps de parole est épuisé.
Mme Dominique Faure, secrétaire d'État. … des collectivités territoriales.
Mme la présidente. La parole est à M. Jean-Claude Anglars, pour la réplique.
M. Jean-Claude Anglars. Madame la secrétaire d'État, je vous remercie de votre réponse et je note que le dialogue est engagé.
Nous sommes effectivement voisins : en bon Aveyronnais, j'espère que l'écoute continuera d'être au rendez-vous et que le bon sens paysan permettra de trouver les meilleures conditions d'application.
Source : senat.fr ↗
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