Fermetures de lits à l'hôpital
Sonia de La ProvôtéUCI
Sénatrice — Calvados
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 28/07/2022M. François Braun, ministre de la santé et de la prévention. Madame la sénatrice de La Provôté, vous vous appuyez sur le panorama des établissements de santé, publié hier, dans le rapport de la Drees, qui fait état d'une baisse du nombre de lits en hospitalisation complète pour l'année 2020.
En tant que médecin qui connaît bien l'hôpital, je considère qu'il faut replacer ce chiffre dans son contexte, car le nombre de lits d'hospitalisation complète est une donnée très insuffisante pour apprécier la capacité du système de soins à prendre en charge les besoins de la population.
En effet, l'amélioration des technologies, des traitements médicaux et des techniques chirurgicales a pour conséquence que l'on peut prendre en charge de plus en plus de patients sans qu'ils passent la nuit à l'hôpital, ou bien directement à domicile. On peut également réduire les durées de séjour, et cela au bénéfice des patients, qui est toujours privilégié. Nous répondons d'ailleurs ainsi à une aspiration forte de nos concitoyens.
De plus, durant la crise du covid, nous avons dû procéder à des réorganisations : pour éviter la contagion, des chambres doubles ont dû être transformées en chambres simples, réduisant de fait le nombre de lits.
De nombreux lits ont été ouverts en soins critiques. Pour cela, il a fallu réaffecter du personnel provenant d'autres services, ce qui a également contribué à diminuer le nombre de lits, dans la mesure où la prise en charge en soins critiques nécessite la présence de davantage de soignants autour du patient.
Néanmoins, comme vous le savez, je ne néglige pas les difficultés que connaît l'hôpital dans notre pays. Je veux m'attaquer à une refonte en profondeur de notre système de santé, qui, plutôt que de se centrer sur l'offre de soins et le nombre de lits, privilégiera la réponse aux besoins de santé de la population.
Tel sera l'objet de la concertation des parties prenantes, qui doit nous permettre de trouver des solutions pragmatiques, applicables sur le terrain, en fonction des besoins identifiés de chaque territoire. Je m'appuierai également sur le travail des parlementaires. (M. François Patriat applaudit.)
M. le président. La parole est à Mme Sonia de La Provôté, pour la réplique.
Mme Sonia de La Provôté. Monsieur le ministre, je vous réponds moi aussi en tant que médecin.
Comme l'a démontré le récent rapport de nos collègues Catherine Deroche et Bernard Jomier, l'hôpital public est un maillon essentiel de la chaîne sanitaire. Avec moins de lits et moins de personnel de soins, il se retrouve démuni et affaibli, alors qu'il y va de la santé de tous.
Tout comme la médecine de ville et les établissements non publics, l'hôpital est au service de la santé et non d'un budget à tenir.
Arbitrer, c'est choisir, et cela pour renforcer chacun des maillons de notre système de santé. Le pragmatisme a un coût. Choisir, c'est moins de contraintes, plus d'humain, plus de solidarité, et c'est surtout de meilleurs soins. (Applaudissements sur les travées du groupe UC, ainsi que sur des travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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