Climat social
J Jean-Claude RequierRDSE Sénateur — LotLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 20/10/2022Mme Élisabeth Borne, Première ministre. Monsieur le président Requier, vous êtes l'élu d'un département où la voiture n'est pas un luxe : c'est une nécessité pour le travail, pour le quotidien. Et je sais votre attention particulière à tous nos compatriotes qui veulent vivre de leur travail, qui s'inquiètent face à la montée des prix, qui subissent de plein fouet les tensions d'approvisionnement dans les stations-service et craignent le blocage du pays.
Monsieur le président Requier, ces préoccupations, ce sont aussi les nôtres. Certains cultivent les inquiétudes et veulent les changer en colère ; tout comme vous, monsieur le président, nous voulons y répondre, apaiser le pays et rassembler les Français.
Aussi, pour protéger nos compatriotes face à l'inflation, nous avons pris, dès le précédent quinquennat, des mesures fortes avec un bouclier tarifaire en octobre 2021.
En juillet, vous avez voté des textes d'urgence en faveur du pouvoir d'achat.
Plus récemment, j'ai annoncé la prolongation des boucliers tarifaires et le maintien jusqu'à mi-novembre de la remise de 30 centimes sur les carburants.
Ce sont les mesures les plus protectrices d'Europe et nous avons l'inflation la plus basse de la zone euro.
Mais je garde une conviction, une conviction que nous avons en commun sur bon nombre de ces travées, une conviction partagée par nos compatriotes : le pouvoir d'achat durable viendra du travail.
Alors, concernant particulièrement les salaires, vous le savez, notre pays dispose d'un système unique au monde de revalorisation automatique du Smic. De ce fait, celui-ci a augmenté de 8 % en un an, c'est-à-dire plus que l'inflation, qui est autour de 6 %.
Cette augmentation doit conduire, en conséquence, à une revalorisation des grilles salariales dans les différentes branches professionnelles.
La dynamique est lancée puisque, depuis le début de l'année, plus de 500 accords de branche sur les salaires ont été signés. (M. David Assouline s'exclame.)
Mais, au-delà, je l'ai dit, je le crois et je le répète : les entreprises qui le peuvent doivent augmenter les salaires.
M. David Assouline. Pas de 49.3 pour elles ?
Mme Élisabeth Borne, Première ministre. Elles le doivent d'autant plus dans le contexte d'inflation, et elles ont une responsabilité particulière si elles ont réalisé plus de profits, malgré le contexte.
Plusieurs sénateurs du groupe SER. Des superprofits !
Mme Élisabeth Borne, Première ministre. Pour y parvenir, des négociations doivent se tenir dans les branches et dans les entreprises, et elles doivent avoir lieu rapidement, car, j'en suis convaincue, la solution vient toujours du dialogue social ; le blocage, le refus de la discussion par une minorité ou la grève préventive ne sont jamais les solutions.
Je pense ici à tous les Français qui rencontrent encore aujourd'hui des difficultés pour trouver du carburant. Heureusement, la situation s'améliore, mais nous serons mobilisés jusqu'à un retour à la normale. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à M. Jean-Claude Requier, pour la réplique.
M. Jean-Claude Requier. La France rurale et la France périphérique, sans transports collectifs suffisants, ont besoin pour se déplacer de voitures. Et les voitures, sauf celles qui fonctionnent à l'électricité, ont besoin d'essence. Il faut approvisionner les stations-service. Dans cette France-là, la voiture est indispensable et, contrairement aux centres-villes qui la bannissent, son usage est apprécié et le mot « bagnole » n'y est pas un gros mot ! (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE, ainsi que sur des travées des groupes INDEP, UC et Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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