Rayonnement de la France à l'international et place dans l'Union européenne
J Jean-Marc TodeschiniSER Sénateur — MoselleLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 27/10/2022Mme Laurence Boone, secrétaire d'État auprès de la ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargée de l'Europe. Monsieur le sénateur Todeschini, nous n'avons absolument pas la même vision des choses. (Exclamations ironiques sur les travées des groupes SER et Les Républicains.)
Je vous rappellerai pour commencer que l'Europe est confrontée, en raison de la guerre en Ukraine, à des enjeux communs en matière d'énergie et de défense, qui se déplaceront ensuite vers d'autres domaines économiques, y compris le spatial.
Ces enjeux communs se reflètent également avec le changement géostratégique, en particulier l'évolution de la position de la Chine. Tous les pays font face à ces enjeux, mais de façon différente.
Durant la crise de la covid-19, les économies de services étaient les plus affectées. Aujourd'hui, avec la crise de l'énergie, ce sont les économies manufacturières qui le sont au premier chef. L'Allemagne, en particulier, fait face à des conditions très difficiles de fourniture d'énergie – elle doit en trouver ailleurs qu'en Russie – et de prix.
Face à ces enjeux, que faisons-nous ? Lors du Conseil européen, le Président de la République a invité le chancelier Scholz à discuter. Et c'est lui qui a réussi à unifier les positions, pour que nous ayons à la fin du Conseil un communiqué qui étudie toutes les mesures énergétiques pouvant être spécifiques à chaque pays.
C'est aussi parce que ces problèmes de défense, d'énergie et de réorganisation du monde ne vont pas se résoudre en un claquement de doigts que le Président de la République a invité le chancelier Scholz à venir déjeuner. (Exclamations ironiques sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. Michel Savin. Nous sommes sauvés !
Mme Laurence Boone, secrétaire d'État. D'ici aux 60 ans du traité de l'Élysée, nous allons travailler ensemble, pour converger sur tous ces sujets.
Toutefois, voyez-vous, ce sont des efforts qui demandent plus que des paroles : ils exigent des actions et du travail.
M. Hussein Bourgi. On les attend !
M. le président. La parole est à M. Jean-Marc Todeschini, pour la réplique.
M. Jean-Marc Todeschini. Madame la secrétaire d'État, il vous semble difficile de me répondre. À vous entendre, « tout va très bien, madame la marquise »…
Il faudrait relire le discours que le Président de la République avait prononcé à propos de l'Europe à la Sorbonne. Vous dites que tout va se résoudre autour d'un déjeuner. Mais, tous les médias le disent clairement, on ne parle du couple franco-allemand qu'en France. Pour le reste, c'est l'Allemagne qui mène le bal.
M. le président. Il faut conclure, mon cher collègue.
M. Jean-Marc Todeschini. Le Président de la République avait utilisé l'expression d'« encéphalogramme plat » à propos de l'Otan.
J'ai peur que, aujourd'hui, ce soit également l'encéphalogramme plat pour le projet européen. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)
Source : senat.fr ↗
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