Risques de coupures d'électricité et de gaz
François BonneauUC
Sénateur — Charente
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 27/10/2022Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition énergétique. Monsieur le sénateur Bonneau, vous avez raison de le rappeler, cette crise énergétique est la plus grave que nous connaissons depuis les années 1970, avec le quasi-arrêt des livraisons en Europe du gaz russe. De quoi parle-t-on ? De 40 % du gaz qui approvisionnait l'Europe. Cette situation crée aujourd'hui un stress sur notre système énergétique. Ce n'est pas propre à la France, puisque l'ensemble du continent est concerné. Nous agissons d'ailleurs ensemble, de façon solidaire.
Par ailleurs, nous avons également à faire face à une moindre production d'électricité d'origine nucléaire, à cause de soucis de maintenance, sur lesquels nous travaillons, et hydraulique, du fait des sécheresses que nous avons connues cet été.
Dans ce contexte, le Gouvernement a pris toutes les décisions nécessaires pour préparer le passage de l'hiver dans les meilleures conditions.
Vous l'avez rappelé, les stocks stratégiques de gaz sont pleins en France, mais également dans toute l'Europe, sur l'initiative de notre pays, je le rappelle. Nous avons aussi procédé à une augmentation de nos capacités d'approvisionnement en gaz naturel – les stocks sont pleins, mais les terminaux continuent à acheminer du gaz à pleine capacité –, ainsi qu'à une augmentation de la puissance de certains barrages hydrauliques. Nous avons enfin préservé nos capacités de production cet été pour les réserver à l'hiver. Je ne mentionnerai pas toutes les décisions que nous avons prises pour préparer cet hiver.
Vous avez évoqué la situation d'EDF : je veux saluer ici l'accord qui a été trouvé dans l'entreprise et la reprise du travail qui a eu lieu ce week-end, pour, précisément, faire en sorte que l'on continue à remettre en état nos centrales nucléaires, afin qu'elles puissent produire cet hiver. Cela a été fait en grande responsabilité par les organisations syndicales et par la direction d'EDF.
Enfin, vous m'interrogez sur les actions en cas de risques sur le réseau. RTE, qui est notre expert en la matière, évoque des risques très limités de difficultés cet hiver si nous connaissons des températures normales.
M. le président. Il faut penser à conclure !
Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre. Nous agissons donc en fonction de ces prévisions : interruptibilité, effacement, sécurisation des interconnexions et, s'agissant du scénario ultime de coupure, un plan est activé, avec seulement deux heures d'interruption par jour. Je ne développerai pas davantage, mon temps de parole étant largement dépassé. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à M. François Bonneau, pour la réplique.
M. François Bonneau. Madame la ministre, permettez-moi d'insister sur les coupures de gaz qui pourraient toucher les entreprises. Il faudra que, en amont, elles soient associées à une concertation sur la durée de ces interruptions, car elles peuvent avoir des conséquences très graves pour certaines sociétés. (Applaudissements sur les travées du groupe UC.)
Source : senat.fr ↗
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