Problèmes de déploiement de la fibre et abandon du réseau cuivre
Éric GoldRDSE
Sénateur — Puy-de-Dôme
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/12/2022M. Jean-Noël Barrot, ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de la transition numérique et des télécommunications. Monsieur le sénateur Gold, je partage évidemment votre constat concernant les défauts de qualité dans le déploiement de la fibre, ce qui place parfois nos concitoyens dans des situations intenables.
Ces difficultés sont le fruit de plusieurs facteurs.
Je pense d'abord à la rapidité de ce déploiement : en dix ans, la France est devenue le pays le plus avancé en matière de fibre avec 77 % des locaux raccordables.
C'est ensuite lié au fait que les réseaux de fibre ont été historiquement mal dimensionnés, notamment les premiers d'entre eux, déployés voilà dix ans.
C'est enfin dû à un nombre trop important, comme vous l'avez souligné, de niveaux de sous-traitance, même si cette pratique s'est fortement réduite.
Face à l'accroissement des difficultés, qui remontent de toutes parts, et en particulier des élus locaux, le Gouvernement et l'Arcep ont saisi la filière télécom, qui a formulé fin septembre des engagements articulés autour de trois axes : le renforcement de la qualité des interventions avec une certification des compétences minimales requises pour les raccordements finaux ; la transmission, par les opérateurs commerciaux, de leurs plannings d'intervention et le partage des comptes rendus d'intervention, de manière à répondre plus rapidement aux pannes éventuelles ; enfin, la reprise des infrastructures dégradées, qu'il s'agisse des points de mutualisation ou des réseaux vieillissants ou mal dimensionnés.
Plusieurs opérateurs ont déjà notifié leur plan de reprise de 1 000 points de mutualisation, soit 450 000 locaux. Le Gouvernement veille à la mise en œuvre de ce plan, sous le contrôle de l'Arcep. Des points de suivi réguliers ont lieu en présence des associations d'élus.
Pour autant, le déploiement de la fibre et le projet d'arrêt de commercialisation du cuivre ne doivent pas se traduire par une baisse de qualité de service ou une exclusion de certains de nos concitoyens. La qualité du réseau cuivre doit être maintenue en attendant sa fermeture technique. L'État ne transigera pas sur ce point. Notre message est clair : pas de dépose du cuivre tant qu'une solution fibre n'est pas proposée aux usagers.
Sachez, monsieur le sénateur, que je veille personnellement à ce que cette transition s'accompagne par ailleurs des garanties nécessaires de disponibilité, de qualité et d'« abordabilité » pour tous nos concitoyens. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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