Coût exorbitant des billets d'avion
V Victoire JasminSER Sénatrice — GuadeloupeLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 13/01/2023Mme Victoire Jasmin. Ma question s'adressait à M. le ministre chargé des transports ; merci d'y répondre, madame la secrétaire d'État. Elle porte sur les prix exorbitants des billets d'avion au départ ou à destination des territoires d'outre-mer, qui ne cessent d'augmenter.
La hausse observée au cours des douze derniers mois atteint un niveau record. Les voyageurs doivent débourser jusqu'à 30 % de plus qu'il y a un an, ce qui a des effets considérables sur le budget des ménages qui souhaitent se déplacer, que ce soit pour des raisons familiales, économiques ou professionnelles.
Le prix excessif des rotations aériennes depuis ou vers les outre-mer n'est pas nouveau. Ce phénomène asphyxie nos populations et s'amplifie d'année en année. Il s'inscrit dans un contexte structurel de vie chère en outre-mer et de situations monopolistiques, déjà ancien, aux racines historiques et aux conséquences humaines dramatiques pour les familles dont les moyens sont limités. La situation est devenue intenable.
Nous souhaitons donc l'instauration d'un bouclier tarifaire, à l'instar de ce qui se fait déjà en Corse, afin d'assurer la continuité territoriale aérienne.
Il conviendrait également de mettre en place une politique ambitieuse d'ouverture du ciel en décentralisant les autorisations d'ouverture des lignes aériennes, lesquelles sont souvent bloquées par la direction générale de l'aviation civile (DGAC).
L'objectif est de faciliter la concurrence. Alliée au renforcement des instances de contrôles, introduit par la loi du 20 novembre 2012 relative à la régulation économique outre-mer et portant diverses dispositions relatives aux outre-mer, celle-ci aura une influence positive sur la formation des prix.
Il conviendrait surtout de plafonner le prix des billets d'avion à 500 euros ; aujourd'hui, le prix d'un billet en classe économique est supérieur à 1 000 euros !
M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État.
Mme Bérangère Couillard, secrétaire d'État auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargée de l'écologie. Madame la sénatrice Jasmin, les routes aériennes entre la métropole et les départements d'outre-mer sont des liaisons européennes. À ce titre, elles sont entièrement libéralisées et toute compagnie française ou européenne peut librement les exploiter.
Les prix des billets d'avion vers les départements d'outre-mer ont augmenté de 8 % entre 2019 et 2022. Cette hausse est légèrement inférieure à celle qui a été constatée sur les vols long-courriers au départ de la métropole, qui a atteint près de 12 %. Elle est notamment due au renchérissement des carburants, dont le prix a augmenté de 94 % entre les mois de septembre 2021 et de septembre 2022, à des augmentations plus fortes localement, comme aux Antilles, mais qui n'ont pas été intégralement reportées sur le prix des billets, et, de manière générale, à l'inflation.
Les liaisons vers les départements d'outre-mer sont néanmoins plus concurrentielles que l'ensemble des autres liaisons long-courriers, notamment du fait de la présence d'un nombre important de transporteurs. Ainsi, trois compagnies exploitent les vols vers les Antilles et quatre vers La Réunion.
Enfin, nous souhaitons rappeler l'action de l'État en faveur de la continuité territoriale. Le Fonds de continuité territoriale finance notamment le passeport pour la mobilité des études, le passeport pour la mobilité en stage professionnel, le passeport pour la mobilité de la formation professionnelle et l'aide à la continuité territoriale. Au total, l'État a consacré près de 16 millions d'euros à ces dispositifs en 2021.
Le choix a été fait de soutenir de manière renforcée les personnes fragilisées par l'augmentation des prix. Pour cela, la loi de finances pour 2023 accroît les moyens de l'Agence de l'outre-mer pour la mobilité, ce qui limitera le reste à charge des bénéficiaires des aides à la continuité territoriale à 50 % du prix du billet. Les collectivités ayant la compétence sociale peuvent aussi fixer des tarifs sociaux.
Source : senat.fr ↗
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