Harcèlement scolaire et violences sexuelles
Marie MercierLes Républicains
Sénatrice — Saône-et-Loire
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/02/2023Mme Marie Mercier. Ma question porte sur le harcèlement scolaire.
Près d'un million de jeunes seraient victimes de ce cauchemar, à l'école bien sûr, mais aussi en dehors, à cause des réseaux sociaux et des nouvelles technologies. Ces enfants vivent un véritable calvaire, où se mêlent à la fois la violence, la répétitivité, mais surtout l'isolement.
Que disent ces enfants ? Que personne ne les écoute, que personne ne les croit !
Permettez-moi d'évoquer le cas d'un jeune de mon département, que j'appellerai Maël. Cet enfant et ses parents ont eu beaucoup de mal à faire admettre qu'il était victime de harcèlement scolaire. À présent, il faut qu'ils se battent contre les institutions. Pourquoi ? Parce que c'est le jeune harceleur, qui a probablement lui aussi besoin d'aide, qui restera dans l'école, quand Maël est contraint de la quitter !
Madame la secrétaire d'État, que comptez-vous faire pour lutter contre le harcèlement, qui gâche la vie de tant de nos enfants et leur fait vivre un véritable enfer ? Ne me parlez pas du programme de lutte contre le harcèlement à l'école (pHARe), des mesures, des axes, des piliers. On connaît tout cela ! Que comptez-vous réellement faire pour aider et sauver nos enfants ?
Mme le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État.
Mme Sarah El Haïry, secrétaire d'État auprès du ministre des armées et du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, chargée de la jeunesse et du service national universel. Madame la sénatrice, je ne vous parlerai ni des programmes de lutte contre le harcèlement, en particulier du programme pHARe, ni de la loi visant à combattre le harcèlement scolaire, dite Balanant.
Si ces programmes sont nécessaires et constituent une première réponse afin que Maël et ses parents puissent bénéficier d'une écoute et être accompagnés, il faut aussi évidemment former les encadrants et mobiliser l'ensemble des maillons de la chaîne éducative, les enseignants, les conseillers principaux d'éducation, les infirmiers scolaires, tous ceux qui encadrent au quotidien nos enfants.
Madame la sénatrice, le harcèlement est un fléau. Il tue et brise des familles. Il ne s'arrête jamais. Il vous prend aux tripes, il entre dans votre tête et, pour finir, il vous brise. Il est difficile pour un jeune adolescent de se rendre compte que la honte doit s'inverser, qu'il n'y est pour rien.
Le jeune Maël n'a pas à partir de son établissement. C'est mon intime conviction. Un jeune victime de harcèlement doit être accompagné. La victime n'a pas à quitter son établissement et à être ainsi doublement pénalisée.
Le harcèlement est un fléau de notre temps. Il s'aggrave dans notre société, qui est parfois plus violente. Avec les réseaux sociaux, il n'y a plus de frontières. Ce qui se passe dans les cours d'école se retrouve en ligne, puis dans la chambre de l'enfant, le soir, tard, sans les parents. Ces derniers sont démunis et ils n'ont parfois même pas conscience de ce que vit leur fils ou leur fille.
Si j'avais un message à faire passer, ce serait le suivant : il ne faut jamais avoir peur, jamais avoir honte, il faut parler. Ce message est valable également pour les camarades et les adultes encadrants. Mieux vaut mobiliser plus de monde que pas assez, chaque fois que cela est nécessaire.
Enfin, une prise de conscience de la société est nécessaire, puisque ce fléau tue nos enfants aujourd'hui.
Mme le président. La parole est à Mme Marie Mercier, pour la réplique.
Mme Marie Mercier. C'est parce que le harcèlement tue, madame la secrétaire d'État, que je me suis permis d'évoquer le cas de cet enfant, qui a dit : « Il faudra peut-être que je meure pour que cela s'arrête. » Je relayerai vos propos sur le fait que Maël n'a pas à changer d'école et doit rester dans son établissement.
Vous avez évoqué l'ensemble des maillons de la chaîne. À cet égard, permettez-moi de vous faire une suggestion. Il y a des comités d'éducation à la santé et à la citoyenneté dans les écoles, dans les collèges, mais le maire n'y est pas souvent associé. Les maires doivent y participer, car ils sont les employeurs des Atsem, les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles. Par ailleurs, ils assurent la cantine, s'occupent des transports scolaires ; or l'enfant souffre aussi pendant les temps périscolaires.
Je compte sur vous, madame la secrétaire d'État, pour que les écoles s'ouvrent et que le maire soit invité, en présence de la psychologue, à leur réunion.
Source : senat.fr ↗
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