Fermetures de classes dans les zones rurales
Jean-Marc BoyerLes Républicains
Sénateur — Puy-de-Dôme
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 09/02/2023M. Pap Ndiaye, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse. Monsieur le sénateur Boyer, depuis la rentrée 2019, conformément à l'engagement du Président de la République, aucune fermeture d'école ne peut intervenir sans l'accord du maire. Je dis bien « d'école » et non « de classe », ce n'est pas la même chose… (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)
Dans le contexte démographique général que j'ai évoqué à l'instant en réponse à M. Guerriau, votre département du Puy-de-Dôme va perdre 616 élèves à la rentrée 2023. Dès lors, si nous devions adopter une approche comptable, pour reprendre votre expression, on compterait 25 postes d'enseignants en moins à la rentrée 2023. Or, dans le Puy-de-Dôme, nous ne retirons que 9 postes d'enseignement, de sorte que le taux d'encadrement – le rapport entre les enseignants et les élèves – va s'améliorer.
Nous examinons très attentivement les 491 écoles de votre département, ce qui nous conduit à envisager la fermeture d'une trentaine de classes, mais aussi l'ouverture d'une vingtaine d'autres. En effet, quand nous évoquons les suppressions de classes, nous parlons également d'un solde, c'est-à-dire d'une différence entre les ouvertures et les fermetures.
Enfin, puisque vous mentionnez à juste titre la question de l'éloignement, question tout à fait cruciale dans les territoires ruraux, je vous rappellerai que nous avons créé les territoires éducatifs ruraux ; il y en a d'ailleurs un qui fonctionne très bien dans le Puy-de-Dôme, en associant collèges et écoles dans des dispositifs qui permettent d'avancer sur la question de la distanciation rurale. Nous travaillons aux modalités d'extension de cette expérimentation, qui est une forme parallèle, si j'ose dire, des solutions mises en œuvre dans les villes ; ainsi, on pourra faire de ces territoires éducatifs ruraux un point d'appui pour améliorer la situation de nos élèves. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à M. Jean-Marc Boyer, pour la réplique.
M. Jean-Marc Boyer. Monsieur le ministre, vos actions amplifient la fracture territoriale et suscitent la colère des maires et des citoyens qui subissent déjà les déserts médicaux, la fracture numérique, le zéro artificialisation nette (ZAN), dont on a parlé tout à l'heure, la défiguration de la France par les éoliennes (Protestations sur les travées du groupe GEST.), l'idée de La Poste de ne procéder à la tournée des facteurs qu'un jour sur deux, le transfert imposé de l'eau et de l'assainissement aux intercommunalités ou encore l'accessibilité insuffisante de nos territoires par le train et l'avion…
Je ne vous parle pas de chiffres, mais je vous parle d'élèves, d'humains ! Cessez ce mépris pour les habitants des territoires ruraux, cessez ce sacrifice de la ruralité sur l'autel des quotas et des normes ! Sinon, mesdames, messieurs les ministres, les « Gaulois réfractaires » risquent de se réveiller ! (Bravo ! et applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Jean-Marc Boyer
Déremboursement des cures thermales
Cures thermales
Injures proférées à l'encontre d'un élu de la Nation
Déremboursement des cures thermales