Projet de fusion de l'Autorité de sûreté nucléaire et de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire
A Angèle PrévilleSER Sénatrice — LotLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 23/03/2023Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition énergétique. Madame la sénatrice Préville, en matière énergétique, le Président de la République a un objectif ambitieux : faire de la France le premier grand pays à sortir des énergies fossiles et à reprendre en main son destin énergétique.
C'est dans ce contexte que le Gouvernement travaille à un programme nucléaire de six nouveaux EPR 2 et à la mise à l'étude de huit réacteurs supplémentaires.
C'est un projet pour notre indépendance énergétique ; c'est un projet pour la planète ; c'est un projet qui doit aussi nous permettre de reprendre le fil de la plus grande aventure industrielle française depuis les années 1970.
Le conseil de politique nucléaire du 3 février dernier, qui s'est tenu sous l'égide du Président de la République et de la Première ministre, a mis à jour la feuille de route pour mobiliser tous les maillons de notre filière nucléaire.
C'est dans ce contexte que le Gouvernement a décidé le renforcement – le renforcement ! – de notre sûreté nucléaire en avançant sur le rapprochement de l'ASN et de l'IRSN.
De quoi s'agit-il ? Très simplement, il est proposé d'élargir les missions de l'Autorité de sûreté nucléaire, en s'inspirant des modèles éprouvés des autorités de sûreté du Canada ou encore des États-Unis, en rapprochant la décision et le contrôle des missions d'expertise et de recherche. (Mmes Marie-Noëlle Lienemann et Émilienne Poumirol s'exclament.)
Il s'agit donc, au fond, de réunir sous la même bannière et sous le statut le plus indépendant qui soit, celui d'autorité administrative indépendante – c'est le statut de l'ASN –, des services qui concourent à la même mission de service public.
Au terme de cette réforme, l'Autorité de sûreté nucléaire – ou cette composition ASN-IRSN – deviendrait la deuxième autorité de sûreté du monde, au regard de ses moyens humains et financiers. Sa crédibilité scientifique serait en outre renforcée.
Nous sommes donc bien loin des fantasmes et des modèles que vous évoquez. (Mme Laurence Rossignol et M. Pierre Laurent protestent.)
Le projet de loi relatif à l'accélération des procédures liées à la construction de nouvelles installations nucléaires à proximité de sites nucléaires existants et au fonctionnement des installations existantes, adopté hier à une large majorité par l'Assemblée nationale, prévoit entre autres la remise par le Gouvernement au Parlement d'un rapport explicitant les modalités de mise en œuvre de cette réforme et l'avis de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst).
M. le président. Il faut conclure !
Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre. Mon collègue Franck Riester et moi-même ne manquerons pas de vous solliciter, mesdames, messieurs les sénateurs, sur les modalités selon lesquelles le Sénat souhaite être associé à cette réforme.
M. le président. Il faut conclure !
Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre. Nous avancerons dans la concertation. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. – M. Franck Montaugé proteste.)
Source : senat.fr ↗
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