Statut de l'administrateur ad hoc
Frédérique PuissatLes Républicains
Sénatrice — Isère
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 22/03/2023Mme Frédérique Puissat. Ma question porte sur l'absence de statut pour les administrateurs ad hoc.
Depuis que le décret de création de cette fonction a été publié en 1999, aucun texte n'est venu encadrer cette profession, alors que son champ d'intervention ne cesse de s'étendre au fur et à mesure des textes votés, y compris dans cet hémicycle.
Contrairement aux autres mandataires, notamment les tuteurs et les curateurs, rien n'encadre véritablement cette profession.
On constate, en l'occurrence, une absence de formation obligatoire, une absence de déontologie, des contours de mission parfois flous, un exercice hétérogène des mandats sur le territoire national et une indemnisation dérisoire au regard du travail accompli. Des propositions de loi avaient déjà été déposées à l'époque, sur ce sujet, par certains de nos collègues députés.
Ma question est donc la suivante : le Gouvernement a-t-il l'intention d'agir, soit par décret, soit dans le cadre d'un projet de loi, pour encadrer cette profession ?
M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État.
Mme Patricia Mirallès, secrétaire d'État auprès du ministre des armées, chargée des anciens combattants et de la mémoire. Madame la sénatrice Puissat, je vous remercie de votre question relative au statut de l'administrateur ad hoc et je vous prie d'excuser l'absence du garde des sceaux, ministre de la justice.
M. le garde des sceaux partage avec vous le constat selon lequel l'administrateur ad hoc, ce parrain judiciaire, est un acteur clé dans le parcours d'accompagnement du mineur victime d'une procédure pénale.
Un administrateur ad hoc est nommé en cas de conflit d'intérêts ou de vacance dans la représentation des intérêts du mineur dans un procès. Les modalités de sa désignation et de son intervention en justice sont prévues aux articles R. 53 et suivants du code de procédure pénale. Le nombre d'interventions des administrateurs ad hoc est d'environ 5 000 à 6 000 par an.
Le recrutement d'un administrateur ad hoc doit pouvoir être plus rapide, pour lui permettre d'intervenir le plus tôt possible dans l'intérêt du mineur accompagné. Sa désignation doit être plus souple, confiée au procureur de la République et non pas, comme c'est encore le cas actuellement, à l'assemblée générale des magistrats de la cour d'appel.
Sa compétence doit être assurée et vérifiée, notamment dans le cadre d'une formation de qualité sur les enjeux de la procédure judiciaire et en matière de protection des mineurs.
La mission de l'administrateur ad hoc mérite d'être précisée dans son contenu. Elle doit aussi être mieux contrôlée, pour permettre un véritable accompagnement du mineur dans tous les actes de la procédure, qu'il s'agisse de l'enquête pénale, des auditions devant le juge d'instruction ou de l'audience.
La tarification des missions est à repenser. La revalorisation de la rémunération pour les missions confiées est essentielle.
Aussi, madame la sénatrice, M. le garde des sceaux vous assure que ses services sont mobilisés sur ces questions et pourront très prochainement vous présenter des travaux aboutis, qui permettront la création d'un véritable statut pour les administrateurs ad hoc.
M. le président. La parole est à Mme Frédérique Puissat, pour la réplique.
Mme Frédérique Puissat. Madame la secrétaire d'État, je vous remercie de cette réponse, qui me rassure.
Un certain nombre de ces professionnels sont regroupés sous forme associative, et il y a parfois des carences que les bénévoles n'arrivent plus à gérer. Compte tenu de l'augmentation de la charge de travail, on finit par recruter de manière parfois légère. En outre, l'application de ce droit se fait de manière hétérogène en France, ce qui peut poser un certain nombre de difficultés.
Nous suivrons donc avec attention les travaux qui seront conduits par le garde des sceaux. Qu'il veille à solliciter dans ce cadre les professionnels de terrain, car ils ont matière à lui répondre, en particulier en Isère, où il existe une association de professionnels très bien construite et dont le degré de maturité est remarquable. Le garde des sceaux gagnerait à la consulter pour affiner ses travaux.
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Frédérique Puissat
Renforcer le recours à la médiation dans les situations d'arrêt de travail de longue durée
Conséquences des cessions de logements sur la politique locale de l'habitat
Sécurisation et contrôle de la conformité des bulletins de vote lors des élections municipales dans les communes de moins de 2 500 habitants
Expérimentation des radars sonores et perspectives de déploiement