Fermeture de la maternité de Sedan et aggravation des déserts obstétricaux dans les Ardennes
Else JosephAucun
Sénatrice — Ardennes
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 05/07/2023Mme Else Joseph. Les mois passent et l'inquiétude sur l'offre de soins dans les Ardennes demeure. Telle soeur Anne, je ne vois rien venir, malgré les mots doux et les vagues promesses.
Le sort de la maternité de Sedan reste incertain et fait craindre une aggravation de la fracture obstétricale dans mon département. Sa fermeture accroîtrait démesurément la distance entre le domicile des femmes et leur lieu d'accouchement, car nous sommes dans un département rural. Une seule maternité, c'est insuffisant pour les Ardennes ! Quel message envoie-t-on aux femmes ?
Il y a deux mois, ici même, le ministre de la santé a annoncé des solutions pour chaque territoire, en organisant un parcours de soins pour chaque patiente, mais aussi en développant des solutions innovantes comme les centres périnataux de proximité, à l'instar de ce qui a été mis en place dans certaines villes.
Des initiatives ont été prises dans mon territoire, notamment par l'hôpital Nord-Ardennes, pour Charleville-Mézières et toute la vallée de la Meuse. Je pense notamment à l'expérimentation, qui a débuté il y a quelques semaines, d'équipes mobiles d'auxiliaires de puériculture qui se déplacent à domicile : ça fonctionne ! Mais comment en pérenniser le fonctionnement, notamment le financement de quatre véhicules ?
Madame la ministre, nous avons besoin de visibilité. Certes, le Gouvernement nous a rassurés en affirmant que le rapport de l'Académie de médecine qui prône la fermeture des maternités réalisant moins de 1 000 accouchements annuels ne l'engageait pas, mais nous sommes inquiets pour l'avenir de la maternité de Sedan.
On ne peut ainsi sacrifier la santé des femmes et de leurs enfants. Elle n'a pas de prix, mais elle a un coût. Nous devons agir. Quelles solutions nous proposez-vous ? Comment les financer sans grever davantage le budget déjà contraint des agences régionales de santé (ARS) ?
Mme le président. La parole est à Mme la ministre déléguée.
Mme Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès du ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, chargée des personnes handicapées. Madame la sénatrice, le ministre de la santé, François Braun, l'a réaffirmé : nous n'avons aucun objectif de fermeture ni d'établissement de santé ni de service.
Depuis plusieurs mois, l'ARS Grand Est suit avec attention la situation de la maternité de Sedan, dans un contexte marqué par une extrême fragilité des équipes médicales et en particulier de l'anesthésie-réanimation - les deux praticiens assurant cette activité ont annoncé leur départ dès 2022. Il s'agit donc plus d'une question de moyens humains que de moyens financiers.
Les professionnels du centre hospitalier intercommunal Nord-Ardennes, les élus du territoire et l'ARS ont beaucoup échangé depuis septembre 2022, dans l'objectif de sécuriser la prise en charge des parturientes et de renforcer l'offre de santé territoriale proposée aux femmes et aux enfants.
Au-delà de notre action pour renforcer l'attractivité des carrières hospitalières au niveau national et de l'action de l'ARS sur l'attractivité du territoire, des actions de communication conjointes entre les collectivités territoriales et l'hôpital ont été menées durant le premier semestre 2023.
Malgré ces actions fortes, en l'absence de candidat au poste de médecin anesthésiste, l'impératif de sécurité a conduit l'ARS à suspendre temporairement les accouchements sur le site de Sedan. Sans anesthésiste, pas d'accouchement possible.
Des mesures ont été prises et des solutions alternatives mobilisées pour que personne ne soit sans solution. Ces mesures sont en cours de mise en oeuvre par les équipes hospitalières, pour une approche coordonnée de l'ensemble des acteurs du territoire sedanais autour de la femme et de l'enfant dans une logique d'« aller vers ». Bien sûr, nous poursuivrons ce travail pour améliorer la prise en charge des femmes, des parturientes et des enfants dans votre département, notamment à Sedan.
Mme le président. La parole est à Mme Else Joseph, pour la réplique.
Mme Else Joseph. Je sais tout cela : il y a en effet un problème humain. Un gros travail a été fait avec les élus locaux. Je vous demande de soutenir les initiatives prises dans nos territoires, pour rassurer les acteurs et pérenniser ces nouvelles mesures. Nos territoires ruraux l'attendent.
Source : senat.fr ↗
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