Parcoursup
Stéphane SautarelAucun
Sénateur — Cantal
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 07/06/2023M. Stéphane Sautarel. Madame la ministre, Parcoursup devait remédier aux problèmes d'Admission post-bac, mais cette question est aujourd'hui loin d'être réglée. Au contraire, Parcoursup a imposé la généralisation de la sélection aléatoire et il crée un stress pour les élèves, qui doivent arrêter des choix de spécialité engageant leur avenir dès la seconde ; les élèves des filières technologiques et professionnelles en sont les premières victimes.
En réalité, beaucoup de bacheliers arrivent en septembre dans une filière où ils ne sont pas à leur place, ce qui les conduit à l'échec scolaire. Dans un rapport publié en 2020, la Cour des comptes soulignait l'opacité de certains critères de sélection à l'entrée dans le supérieur. L'édition 2023 de Parcoursup n'échappe pas à ces critiques, alors que ce dispositif engage non seulement la vie de nos enfants, mais encore les besoins collectifs de notre société.
Cinq ans après sa première utilisation, on peut considérer que Parcoursup est la concrétisation d'un examen algorithmique des dossiers, qui déshumanise les candidatures et constitue pour les élèves une source de stress non négligeable et d'inégalités.
Les conséquences de Parcoursup sur la filière de la santé en général et sur les instituts de formation en soins infirmiers (Ifsi) en particulier sont plus lourdes encore. Alors que les professions médicales font défaut dans notre pays, il convient de préserver notre système éducatif de santé. À l'Ifsi d'Aurillac, plus de 83 % des étudiants entre 2014 et 2019 passaient en deuxième année, alors qu'ils ne sont plus que 57 % en 2021-2022 et que le nombre d'arrêts en cours de formation augmente.
Ma question est donc simple, madame la ministre : envisagez-vous une solution de substitution pour remédier aux lacunes de Parcoursup pour l'ensemble des lycéens et pour identifier une autre voie pour les études de santé en général et d'infirmiers en particulier ?
Mme le président. La parole est à Mme la ministre.
Mme Sylvie Retailleau, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Monsieur le sénateur Stéphane Sautarel, vous avez fait le choix de ne pointer que les défauts de Parcoursup. Je fais pour ma part celui de tenter de vous convaincre que, au contraire, avec Parcoursup, nous avons fait des progrès.
Je vous propose d'abord d'écouter les lycéens, au travers des données issues d'une étude d'Ipsos rendue publique en septembre 2022.
Plus de la moitié - 58 % - des lycéens interrogés déclarent avoir une expérience conforme, voire positive, par rapport aux attentes qu'ils avaient de la procédure. Les indicateurs liés à la phase d'admission progressent également : 72 % des lycéens sont satisfaits des réponses à leurs voeux, soit une augmentation de 2 points par rapport à 2021, et 68 % d'entre eux sont satisfaits des délais de réponses, soit une hausse de 4 points.
Cela étant dit, oui, il faut encore faire progresser Parcoursup, notamment pour réduire le stress ressenti lors de cette phase de choix. C'est également ce que nous disent les lycéens.
Nous avons donc amélioré la transparence de Parcoursup, apporté des informations plus claires sur les critères d'examen des voeux par les commissions d'enseignants - non, Parcoursup n'est pas un « algorithme », ce sont bien des enseignants qui examinent les dossiers - et nous renforçons dès cette année l'efficacité de la phase principale pour apporter des réponses plus vite et réduire le sentiment d'attente. Ce processus d'amélioration se poursuivra.
C'est également le cas pour les Ifsi. Le ministre de la santé a lancé une grande concertation avec les professionnels pour engager une réforme de la formation dès la rentrée de 2024.
Je ne partage pas votre analyse consistant à imputer à Parcoursup toute la responsabilité de difficultés dont les causes sont multiples, comme l'indique un rapport public des inspections générales sur ces instituts de formation. À la suite de cette étude, nous avons fait évoluer cette année la plateforme pour améliorer l'orientation des jeunes, leur connaissance de cette formation et pour permettre une meilleure évaluation de la motivation des candidats.
Voilà ce que nous faisons et ce que nous continuerons de faire.
Mme le président. La parole est à M. Stéphane Sautarel, pour la réplique.
M. Stéphane Sautarel. Madame la ministre, je pense que vous êtes largement dans le déni. Les témoignages qui remontent aujourd'hui du terrain, en provenance tant des familles que des jeunes, sont assez inquiétants !
Vous avez parlé de stress ressenti et de sentiment d'attente. Or il s'agit non pas de ressenti ou de sentiments, mais de réalités ! Et c'est encore plus grave pour les professions de santé. Là comme ailleurs, il faut remettre de l'humain dans le système.
Source : senat.fr ↗
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