Transfert de sans-abri parisiens sans concertation avec les élus des communes d'accueil
J Jean-Pierre MogaUC Sénateur — Lot-et-GaronneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 08/06/2023M. Olivier Klein, ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement. Monsieur le sénateur Jean-Pierre Moga, je vous remercie de votre question, qui m'offre l'occasion de rétablir quelques vérités.
L'accompagnement des personnes sans abri depuis la région parisienne vers la province est mené, depuis plusieurs mois, avec les associations de solidarité, qui appuient cette réflexion en cours. En effet, vous le savez, sur les 200 000 places d'hébergement d'urgence que nous ouvrons chaque soir, plus de la moitié se situent dans Paris.
Or nous ne savons pas bien accompagner un aussi grand nombre de personnes en région parisienne. Par conséquent, il est important de trouver de meilleures solutions, en partenariat avec le préfet de région.
J'ai contacté le maire de Bruz - je vous communiquerai son numéro de téléphone si vous le souhaitez - pour vérifier s'il avait été informé en amont. Or tel a bien été le cas ! Plus de trois semaines auparavant, il participait à la concertation. Nous demandons bien évidemment aux préfets d'associer les élus locaux à cette démarche, et nous continuerons de le faire.
Oui, cet accompagnement des sans-abri en petit nombre dans nos régions relève de la solidarité nationale.
C'est l'honneur de la France que d'accueillir les personnes en hébergement d'urgence, car l'hébergement est inconditionnel. Mais nous devons le faire dans de meilleures conditions qu'actuellement, car l'hébergement d'urgence en nuitées dans des hôtels répartis à la façon de taches de léopard en Île-de-France ne permet pas un bon accompagnement social et administratif.
Enfin, cet accompagnement est réalisé, sur la base du volontariat, avec les associations. Les personnes accompagnées en province sont informées ; c'est une proposition qui leur est faite.
Ensuite, au regard de l'évaluation qui sera faite, ils pourront revenir en Île-de-France et si leur situation administrative dans leur pays est insoluble ils seront accompagnés. Sinon, ils resteront en province, là où des tensions en matière d'emploi existent. (M. François Patriat applaudit.)
M. le président. La parole est à M. Jean-Pierre Moga, pour la réplique.
M. Jean-Pierre Moga. Monsieur le ministre, je prends acte de votre réponse.
Toutefois, vous comprendrez qu'après l'épisode de Saint-Brevin-les-Pins, il serait regrettable de créer de nouvelles tensions avec les maires, qui ont souvent l'impression d'être tenus pour quantité négligeable.
M. Loïc Hervé. Très bien !
M. Jean-Pierre Moga. Sans verser dans l'amalgame, la comparaison s'impose aussi avec la situation des migrants. Là encore, une répartition territoriale est parfois faite sans que les élus aient leur mot à dire.
Les décisions de ce type, je pense que vous le comprenez, doivent être prises en concertation avec les collectivités locales, ne serait-ce que pour assurer leur succès. (Applaudissements sur les travées du groupe UC.)
Source : senat.fr ↗
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