Fixation du prix de l'énergie sur le marché européen
Posée le 12/10/2023 • Ministère interrogé : Transition énergétique
Pierre-Jean Verzelen Les Indépendants
Sénateur — Aisne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/11/2023
M. Pierre-Jean Verzelen. Ma question porte sur le mécanisme de fixation du prix de l'énergie au niveau européen, donc, en définitive, sur l'électricité et sur le nucléaire.
En France, certains relèvent du bouclier tarifaire, dont la sortie est prévue dans le temps et « en escalier ». D'autres relèvent du prix du marché, notamment les collectivités et certaines entreprises, dont l'équilibre économique s'en trouve considérablement modifié, parfois jusqu'à la quasi-asphyxie.
En France, nous bénéficions d'un avantage compétitif historique : le nucléaire, l'énergie la plus propre et la moins chère. Et il semble que nous soyons redevenus autosuffisants.
Hélas, les ménages français et les entreprises n'en voient pas la couleur. En effet, le mécanisme historique de la dernière énergie appelée continuant de s'appliquer au niveau européen, le prix de l'électricité est en définitive indexé sur celui du gaz, voire du charbon.
Une prise de conscience a eu lieu à ce sujet voilà quelques mois, comme l'ont montré certaines annonces faites par le Président de la République et par la Commission européenne, ou encore le sommet franco-allemand organisé il y a quelques semaines.
Toutefois, ces quelques annonces ne m'ont pas semblé extrêmement claires. Aussi, où en sommes-nous réellement quant à un éventuel changement du mécanisme de fixation du prix de l'énergie en Europe ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée.
Mme Dominique Faure, ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur et des outre-mer et du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargée des collectivités territoriales et de la ruralité. Monsieur le sénateur Verzelen, je vous prie d'excuser ma collègue ministre de la transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, qui a permis l'adoption d'un accord européen le 17 octobre dernier, à l'occasion du Conseil des ministres de l'énergie.
C'est là une victoire majeure : une victoire pour l'Europe, en réponse à l'Inflation Reduction Act américain et à la concurrence chinoise ; une victoire pour la France, qui inscrit dans le marbre le principe du traitement identique du nucléaire et des énergies renouvelables ; une victoire pour le climat, cet accord facilitant les investissements dans la production d'énergie décarbonée.
Cet accord permettra de stabiliser les prix de long terme et de protéger les consommateurs français. Concrètement, nous déconnectons les prix de l'électricité de ceux du gaz pour empêcher les envolées de nos prix de l'électricité en cas de crise sur le marché des énergies fossiles ; nous donnons de la visibilité aux industriels et aux consommateurs quant aux prix de l'électricité sur le long terme ; nous sécurisons nos approvisionnements énergétiques grâce à la solidarité européenne.
En d'autres termes, comme l'a déclaré le Président de la République, nous reprenons le contrôle sur les prix de l'électricité.
La sortie du marché européen, souhaitée par certains, aurait conduit à augmenter les factures des Français et à mettre gravement en difficulté nos industries et notre sécurité d'approvisionnement. Une réforme était toutefois nécessaire. C'est tout le travail mené par Agnès Pannier-Runacher avec l'Alliance européenne du nucléaire, mais également avec la Commission européenne et avec les présidences successives, qui permettra de protéger mieux encore les intérêts de notre pays.
La prochaine étape sera la finalisation du compromis avec le Parlement européen, qui devrait intervenir d'ici à la fin de l'année 2023.
M. le président. La parole est à M. Pierre-Jean Verzelen, pour la réplique.
M. Pierre-Jean Verzelen. Madame la ministre, vous dites qu'une sortie de la France du mécanisme européen de fixation du prix aurait été catastrophique. Je n'en suis pas convaincu : les pays qui ont pu en sortir, l'Espagne et le Portugal, ne s'en plaignent pas...
Toujours est-il que je prends acte de ce que vous avez indiqué au début de votre réponse. Je vous encourage à communiquer auprès des organismes professionnels, des entreprises et des commerçants pour leur exposer les avancées que vous venez de mentionner. Je ne suis pas convaincu, en effet, que vos propos soient conformes à leur ressenti.
Source : senat.fr ↗
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