Maintien d'ATOS dans le giron français
Posée le 09/11/2023 • Ministère interrogé : Première ministre
Cédric Perrin Les Républicains
Sénateur — Territoire de Belfort
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 09/11/2023
M. Jean-Noël Barrot, ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé du numérique. Monsieur le sénateur Cédric Perrin, vous avez raison de le dire : Atos n'est pas une entreprise comme les autres.
Ce fleuron industriel français, qui fournit plus de 100 000 emplois, est présent dans plus de soixante-dix pays. Grâce à cette entreprise, des savoir-faire technologiques français rayonnent depuis plus de vingt ans dans le monde entier.
Il est vrai que, certes pour une part minoritaire de ses activités, Atos revêt un intérêt stratégique pour la souveraineté numérique de notre pays.
Je pense évidemment aux supercalculateurs - Atos est la dernière entreprise européenne à savoir les concevoir et les produire -, mais aussi à la cyberdéfense et à la cybersécurité - Atos est le premier partenaire des jeux Olympiques et Paralympiques en la matière -, ou encore, comme vous l'avez rappelé, à la supervision de notre parc nucléaire.
Mme Valérie Boyer. Et la réponse ?
M. Jean-Noël Barrot, ministre délégué. Cependant, contrairement à ce qui a été proposé, notamment à l'Assemblée nationale, le Gouvernement n'est pas favorable à la nationalisation d'Atos, comme le ministre de l'économie et des finances l'a rappelé ce matin.
D'une part, une telle décision ne réglerait pas les problèmes opérationnels et financiers de l'entreprise. D'autre part, Atos a besoin non pas de la tutelle de l'État, mais bien d'investisseurs et de partenaires industriels. (M. Jacques Grosperrin s'exclame.)
Cela étant, je veux rappeler, pour vous rassurer, qu'une prise de participation en deçà de 10 % ne confère à son auteur qu'une influence très marginale sur la vie de l'entreprise. (Protestations sur les travées du groupe Les Républicains. - M. Rachid Temal s'exclame également.) Par ailleurs, nous n'hésiterons pas à activer le contrôle des investissements étrangers en France.
Comme vous le savez, monsieur le sénateur, le code monétaire et financier soumet toute prise de participation par un acteur étranger dans une entreprise d'importance stratégique en France à une autorisation du ministre de l'économie et des finances.
M. Rachid Temal. Et que fera-t-il ?
Plusieurs sénateurs du groupe Les Républicains. Où est-il ?
M. Jean-Noël Barrot, ministre délégué. Soyez assuré que, sous l'autorité de la Première ministre, le Gouvernement est attentif à l'avenir d'Atos comme à la garantie de la souveraineté numérique de la France. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à M. Cédric Perrin, pour la réplique.
M. Cédric Perrin. Monsieur le ministre, ceux qui, comme moi, attendaient une réponse claire en sont pour leurs frais ! De fait, l'absence de réponse à ma question obligera le Sénat à exercer son devoir constitutionnel de contrôle. (Très bien ! sur des travées du groupe Les Républicains.)
En accord avec la commission des affaires économiques, la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées exercera bien son devoir de contrôle sur l'affaire Atos. (Bravo ! et vifs applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains, ainsi que sur des travées des groupes UC, SER et CRCE-K.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Cédric Perrin
Hébergements touristiques et résidents publics
Question écrite • 25/06/2026
Homologation de véhicules légers intermédiaires
Question écrite • 21/05/2026
Artillerie de l'armée de terre
Question au Gouvernement • 14/05/2026
Conséquences du transfert de l'instruction des dossiers de sécurité incendie des établissements recevant du public vers les communes
Question écrite • 07/05/2026