Harcèlement scolaire
Posée le 09/11/2023 • Ministère interrogé : Éducation nationale et jeunesse
Agnès Evren Les Républicains
Sénatrice — Paris
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 09/11/2023
M. Gabriel Attal, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse. Madame la sénatrice Evren, s'il est une cause qui peut nous rassembler par-delà les clivages politiques, je crois profondément que c'est la lutte contre le harcèlement scolaire. Ce fléau est absolument insupportable : des élèves vont à l'école la boule au ventre, parfois ils se donnent la mort, parce qu'ils subissent des brimades, des insultes, des coups.
Je vous remercie donc pour votre question très constructive. Pour lutter contre ce fléau, je vous le confirme, nous avons besoin de toutes les bonnes idées : celles qui ont été défendues ici même par le groupe Les Républicains, ces dernières années, notamment par Mme Mercier, nous inspirent évidemment dans notre action. (Ah ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Vous m'avez posé trois questions très concrètes.
La première concerne la formation. Oui, nous généralisons le programme de lutte contre le harcèlement à l'école (pHARe), aux termes duquel chaque établissement scolaire doit comprendre au moins cinq adultes réellement formés à la lutte contre le harcèlement : des enseignants, des personnels de vie scolaire, mais aussi d'autres personnels : nous avons ainsi constaté qu'il était très utile de former des agents de la cantine, car ils voient beaucoup de choses et peuvent détecter et signaler certains faits.
La deuxième question porte sur le questionnaire d'autoévaluation. Demain sera organisée, comme chaque année, la journée nationale de lutte contre le harcèlement à l'école. Les années précédentes, un tiers environ des établissements organisaient une action à cette occasion. Cette année, j'ai décidé que tous les établissements scolaires devraient participer.
J'indique aussi, pour vous répondre très concrètement, que les deux heures de temps scolaire banalisées ne sont absolument pas optionnelles. La classe devra s'arrêter pendant deux heures dans tous les établissements : ce temps sera consacré à débattre du harcèlement et à remplir le questionnaire d'autoévaluation rédigé avec Marcel Rufo, Éric Debarbieux et Nicole Catheline.
La troisième question, enfin, porte sur le changement des règles en matière de sanctions. Je l'ai dit cet été, dès mon entrée en fonctions, c'est au harceleur de quitter l'établissement et non plus au harcelé. (Applaudissements sur des travées des groupes Les Républicains, UC et RDSE.)
Je vous le confirme, cette règle s'applique. À Mont-de-Marsan, par exemple, un lycéen qui faisait l'objet de harcèlement depuis la rentrée scolaire l'a signalé, le 9 octobre, au chef d'établissement, qui l'a accompagné dans le dépôt d'une plainte. Une semaine plus tard, les trois élèves harceleurs, âgés de 15 et 16 ans, ont été interpellés par les forces de police et placés en garde à vue. Ils passeront devant le juge des enfants le 15 novembre et ont d'ores et déjà été exclus de l'établissement.
Comme eux, plusieurs dizaines de jeunes harceleurs ont déjà été exclus de leur établissement depuis que j'ai pris cette décision. La peur et la honte sont en train de changer de camp. Évidemment, il reste du travail pour que cette mesure s'applique partout, mais vous pouvez compter sur ma mobilisation, comme je sais pouvoir compter sur la vôtre, pour avancer. (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI, INDEP, RDSE, UC et Les Républicains, ainsi que sur des travées du groupe GEST.)
M. le président. La parole est à Mme Agnès Evren, pour la réplique.
Mme Agnès Evren. Je vous remercie pour vos précisions, monsieur le ministre. Rappelons cependant que, en dépit des nombreuses annonces faites, notamment il y a quelques années, sur le respect de la laïcité à l'école, force est de constater que celle-ci a rarement été aussi fragilisée. J'ose espérer qu'il n'en sera pas de même pour la lutte contre le harcèlement scolaire. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains et sur des travées du groupe UC.)
Source : senat.fr ↗
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