Crise du logement
Posée le 08/02/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Pascal Savoldelli CRCE-K
Sénateur — Val-de-Marne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 08/02/2024
M. Christophe Béchu, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Monsieur le sénateur Savoldelli, avec respect, avec dignité, je vais répondre à votre cri de colère, dont je mesure totalement la sincérité. (Exclamations sur les travées du groupe SER.)
Mme Laurence Rossignol. La question était donc à la hauteur ?
M. Christophe Béchu, ministre. Mais cette même sincérité doit conduire à regarder les choses en face.
Pour le logement, nous n'avons pas une solution, nous avons des solutions. Notre pays compte 3,5 millions de logements vacants, pas forcément dans les zones tendues.
Il est des endroits où l'on continue de construire, indépendamment de toute couleur politique. Il en est d'autres où les habitants font à ce point pression pour ne pas avoir de voisins que cela a conduit à une diminution du nombre des permis de construire et, par anticipation, à une partie des difficultés que nous connaissons aujourd'hui.
Celui qui vous parle en cet instant compte 36,94 % de logements sociaux dans sa ville d'Angers. Le rythme de construction observé au cours des dernières années y a été supérieur à celui de Nantes et de Rennes. (Mme Sylvie Robert s'exclame.) C'est bien la preuve que tout ne dépend pas que des circonstances nationales.
M. Emmanuel Capus. Très bien !
M. Christophe Béchu, ministre. Oui, monsieur le sénateur, il faut une forme d'union sacrée, autour des élus, pour simplifier les normes responsables, pour partie, du renchérissement des coûts, pour réfléchir aux moyens de rendre du pouvoir d'achat immobilier aux classes moyennes, dans la mesure où l'entassement des demandes de logement est lié à la difficulté d'accès à la propriété.
C'est à la fois le sens du choc d'offre que le Premier ministre a pu annoncer et des travaux que nous lançons au sein du ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, avec Bruno Le Maire, pour expertiser, en particulier, le crédit in fine et le crédit hypothécaire, dispositifs qui, dans des pays voisins, ont permis de soulager les contraintes et de favoriser la relance.
Le logement social est un sujet qu'il nous faut regarder en face.
Au congrès de l'Union sociale pour l'habitat (USH) ont été annoncées des mesures de soutien à hauteur de 1,2 milliard d'euros. Ici même, dans cet hémicycle, a été voté le dispositif « Seconde vie », relatif à ces logements qui ne sont pas mis sur le marché, car des travaux de rénovation énergétique y sont nécessaires.
Oui à l'union sacrée, oui à la mobilisation de crédits sans précédent - c'est le cas pour l'hébergement d'urgence -, oui à la relance avec l'ensemble des acteurs. Au mois de décembre dernier, les mises en chantier ont augmenté de 22 %, les dépôts de permis de construire, de 7 %.
La stabilisation des taux du livret A et de l'inflation nous laisse penser que nous sommes précisément dans la situation où nous pouvons, avec un choc d'offre, inverser la tendance.
Nous croyons au logement pour tous, qui est plus qu'une nécessité. Nous voulons une France de propriétaires, où ceux qui le peuvent doivent avoir l'espoir de le devenir. Nous souhaitons des logements sociaux en nombre suffisant partout sur le territoire. (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI et INDEP.)
M. le président. La parole est à M. Pascal Savoldelli, pour la réplique.
M. Pascal Savoldelli. Faute de ministre du logement, c'est à vous que je m'adresse, monsieur le Premier ministre.
Oui, nous avons à déclarer l'état d'urgence nationale du logement, autour de cinq axes : moratoire sur les expulsions, encadrement des prix du foncier, plan pour les primo-accédants, relève du niveau de production et réquisition nationale des logements vides.
Pour cela, encore faudrait-il avoir une ou un ministre du logement. Monsieur le Premier ministre, l'abbé Pierre disait : « Gouverner, c'est d'abord loger son peuple. » Vous êtes le chef du Gouvernement : alors maintenant, vraiment, gouvernez ! (Applaudissements sur les travées des groupes CRCE-K, SER et GEST.)
Source : senat.fr ↗
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