Carte scolaire
Posée le 15/02/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Stéphane Sautarel Les Républicains
Sénateur — Cantal
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/02/2024
Mme Nicole Belloubet, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse. Je suis désolée que ma réponse suscite déjà des regrets... (Sourires.)
Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, monsieur le sénateur Sautarel, pour avoir été rectrice de l'académie de Limoges, je suis consciente que la carte scolaire est un sujet sensible dans les départements ruraux et j'aurai à coeur de travailler en amont avec les élus pour prendre en compte les réalités des territoires.
Depuis le mois de décembre 2023, une instance de concertation a été mise en place, notamment dans les territoires ruraux, pour donner à la carte scolaire de la visibilité à trois ans. (Marques de contestation sur les travées des groupes Les Républicains et UC.)
Un sénateur du groupe Les Républicains. Non, c'est faux !
Mme Nicole Belloubet, ministre. Je veillerai personnellement à évaluer l'efficacité de ce dispositif qui vient d'être déployé. Nous verrons au printemps prochain comment il s'est déroulé.
Comme vous le savez, monsieur le sénateur, la carte scolaire est le résultat d'un travail qui vise à répondre aux évolutions des effectifs scolaires et à la réalité des territoires.
Dans le Cantal, il nous faut prendre en compte la baisse démographique que nous constatons. Certes, le taux d'encadrement n'est qu'un chiffre abstrait, mais, dans le Cantal, son niveau, qui est déjà l'un des meilleurs de notre pays, va continuer à s'accroître, puisqu'il passera de 7,88 à 7,89. (Marques d'ironie sur les travées des groupes Les Républicains et UC.)
M. Mathieu Darnaud. C'est Byzance !
Mme Nicole Belloubet, ministre. Cela indique une tendance, mesdames, messieurs les sénateurs.
Je vous rejoins toutefois sur le fait que l'on ne peut pas se satisfaire de chiffres et que nous devons élaborer des réponses qui soient mieux adaptées aux territoires, notamment une allocation progressive des moyens qui prenne en compte à la fois l'indice d'éloignement et ce que l'on appelle le dispositif territoires éducatifs ruraux au bénéfice des écoliers.
M. Laurent Burgoa. Gabriel, reviens !
Mme Nicole Belloubet, ministre. Je crois savoir que celui-ci fonctionne parfaitement dans le Cantal.
Nous allons également labelliser des places supplémentaires en internats d'excellence, ce qui constituera un élément d'attractivité pour nos étudiants.
M. le président. Veuillez conclure, madame la ministre !
Mme Nicole Belloubet, ministre. En tout état de cause, mesdames, messieurs les sénateurs, vous pouvez compter sur moi pour être très attentive à la question de la ruralité. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. - Exclamations ironiques sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. le président. La parole est à M. Stéphane Sautarel, pour la réplique.
M. Stéphane Sautarel. Madame la ministre, au-delà des intentions, nous attendons des actes. À ce titre, je puis vous assurer que, contrairement aux engagements qui ont été pris, la concertation que vous évoquez n'a pas eu lieu.
C'est la raison pour laquelle nous demandons qu'un moratoire soit instauré pour la rentrée prochaine, non pas seulement pour le Cantal, mais pour l'ensemble des territoires ruraux concernés. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.) On ne peut en effet faire entrer des communes dans le programme Villages d'avenir et en même temps y fermer des classes. (Nouveaux applaudissements sur les mêmes travées. - M. Olivier Cigolotti applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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