Fermeture de classes
Posée le 15/02/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Annie Le Houerou SER
Sénatrice — Côtes-d'Armor
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/02/2024
Mme Nicole Belloubet, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse. Madame la sénatrice, vous êtes dans un département rural...
Mme Silvana Silvani. Il n'y a pas que le rural ! Vous fermez partout !
Mme Nicole Belloubet, ministre. Comme je l'ai indiqué en réponse à la question précédente, nous suivons avec attention les questions de la ruralité. Dans les départements urbains, les problématiques qui se posent sont un peu différentes, même si elles méritent également d'être prises en compte.
Si, dans le département des Côtes-d'Armor, nous constatons en effet une baisse du nombre d'élèves relativement limitée, je rappelle qu'un effort a été fait pour maintenir le taux d'encadrement des élèves à 5,85.
Contrairement à ce que vous avez indiqué, madame la sénatrice, nous avons fermé, non pas 45 classes, mais 19. (Mme Annie Le Houerou s'exclame.) Le bilan est bien celui-ci.
Comme vous le savez sans doute, des suppressions de classe ont été annulées, ce qui est de nature à répondre aux préoccupations que vous avez exprimées. Je pense notamment aux RPI de Lohuec-Calanhel, ainsi qu'aux nouvelles classes que nous avons ouvertes dans un RPI de Plusquellec. Tout cela prouve que nous prenons en compte le terrain.
Ma préoccupation est que nous puissions disposer, en amont et si possible de manière pluriannuelle, d'une prévision de l'évolution des classes et d'une projection, si ce n'est budgétaire, du moins d'engagement réciproque. Je crois que c'est cela qu'attendent les élus et nos concitoyens. Soyez assurée que je vais m'y atteler, madame la sénatrice.
Pour le reste, je veillerai à ce que soient préservées à la fois la vie de nos villages et de nos cantons et la qualité pédagogique, qui est essentielle à mes yeux. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à Mme Annie Le Houerou, pour la réplique.
Mme Annie Le Houerou. Madame la ministre, les fermetures de classes concernent, non seulement les territoires ruraux, mais aussi les zones urbaines. Votre rôle n'est pas d'organiser le déclin de nos communes rurales ou urbaines, il est de promouvoir leur attractivité.
L'école est à ce titre la mère des batailles ; or les effectifs des classes françaises sont les plus élevés d'Europe, les remplacements ne sont pas assurés, provoquant la fuite vers le privé. Le point d'alerte est franchi dans nos écoles. Voilà ce que nous disent les enseignants, motivés, mais frustrés de la dégradation des conditions de travail et de la violence qui se traduit dans les fiches d'incident qui remontent au ministère.
L'inclusion suppose des moyens et des classes moins chargées. Nous refusons l'école du tri social !
Si l'école est votre priorité, annulez les suppressions de postes et ne diminuez pas des moyens que vous estimez déjà insuffisants ! (Applaudissements sur les travées des groupes SER et CRCE-K, ainsi que sur des travées du groupe GEST.)
Source : senat.fr ↗
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